‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 13 sur 227 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

morale religieuse, et condamné le 8 décembre à trois mois de prison et à 500 francs d'amende. Il passait * fort gaiement ' sa période de détention à Sainte- Pélagie, à composer de nouvelles chansons contre le gouvernement, lorsque on lui intenta une nouvelle affaire, motivée par la publication, que fit Béranger à son profit, des pièces du procès, répandant ainsi par toute la France, à des milliers d'exemplaires, le texte de toutes les chansons incriminées ! Cette fois le gouvernement essuya une défaite, les arguments de Dupin triomphèrent, et Béranger fut acquitté. Lors du procès de 1828 les journaux de toutes nuances, y compris les feuilles monarchiques, ne manquèrent pas d'en donner également le compte-rendu, accompagné de citations, à la barbe du gouvernement, désormais impuissant à entraver cette publicité.

§ 12. — A sa sortie de prison, fort de sa popularité croissante, de son influence marquée désormais au coin de la persécution, et de la vente énorme et assurée de ses chansons, Béranger résolut de ne pas chercher d'autre emploi, bien que les offres ne lui manquassent pas, et se consacra définitivement à la carrière d' ' homme de lettres.'

Sous les verrous même de Sainte-Pélagie, il avait commencé les chansons d'un troisième recueil, qui parut en 1825, et dans lequel il reprenait tous les tons auxquels il avait façonné la chanson. Bien que conçue dans le même esprit libéral, patriotique et voltairien, cette édition de 1825 échappa aux poursuites. Charles X venait de monter sur le trône, au milieu d'acclamations factices qu'il aurait voulu transformer en une popu-

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