‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 14 sur 227 · VIE DE BERANGER XXI · texte numérisé non relu

VIE DE BERANGER XXI

larité réelle, et un procès intenté au chansonnier eût été une grosse faute politique.

§ 13. Nouvelle condamnation. — Béranger, cependant, ne désarmait pas, et menait plus activement que jamais la campagne libérale contre une dynastie dont la nation entière était lasse. Une quatrième série de chansons, publiée en 1828, contenait des attaques {Le Sacre de Charles le Simple, Les infiniment Petits, etc.) qu'il était impossible au gouvernement de prétendre ignorer ; Béranger fut traduit en police correctionnelle, et se vit infliger le 10 décembre neuf mois de prison et dix mille francs d'amende, somme qui fut du reste couverte par souscription publique. Le retentissement de cette nouvelle condamnation fut immense ; Charles X y fit allusion dans son discours du trône, les évêques imitèrent le royal exemple dans leurs mandements. Béranger, qui avait prévu sa condamnation, et refusé de s'y soustraire en se réfugiant en Suisse, où on lui offrait l'hospitalité, ou en faisant un acte de contrition qui aurait, lui assurait-on, tout arrangé, ne s'effraya nullement du bruit menaçant qui se faisait autour de son nom, et y répondit, comme auparavant, par de nouveaux couplets datés de la cellule même qu'il occupait à La Force, et mis aussitôt en circulation par ses amis.

§ 14. Révolution de 1830. — Mais le gouvernement de Charles X touchait à sa dernière heure, et la tâche de Béranger était accomplie. Le roi et le ministère Polignac, battus coup sur coup au courant de l'année 1830, se réfugiaient dans l'illégalité, et rendaient le 25 juillet les fameuses ordonnances qui précipitèrent

Page 1