‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 17 sur 227 · VIE DE BERANGER XXV · texte numérisé non relu

VIE DE BERANGER XXV

D'abord, la déception qu'il ressentait à la vue des

fautes et des abus de la nouvelle monarchie. Il

avait cru

. . . qu'on allait faire Du grand et du neuf ; Même étendre un peu la sphère De Quatre-vingt-neuf * ;

et en voyant que rien n'était changé, et que le pays était sacrifié aux mêmes ' ambitions vulgaires ' que sous la Restauration, il s'éloignait lentement de ses amis du parti libéral.

Et puis, Béranger vieillissait, ou plutôt, il y avait déjà longtemps qu'il se sentait vieux, ses chansons en font foi 2. ' Soit qu'il ait été trop frappé des grands bruits que les révolutions amènent avec elles ; . . . soit qu'il ait été lassé trop vite et trop tôt de plus de gloire qu'il n'en avait rêvé, et que tout lui parût presque inutile, arrivé qu'il était au sommet de cette popularité presque sans rivale, il fut tout de suite un vieillard. Il se figura qu'à cinquante ans un homme était mort. A cinquante ans, il était inquiet, cherchant de toutes parts un asile et ne le trouvant nulle part3.'

Des déménagements réitérés sont en effet les seuls événements de sa vie pendant le règne de Louis- Philippe. Il quitta en 1833 la rue de la Tour d'Auvergne où il résidait à Paris, pour se réfugier à Passy et s'y dérober aux curieux ; moins de deux ans plus

1 La Restauration de la Chanson.

2 v. Ma Vocation, 1. 27 ; Mon Ame, 1. 42 ; Mon Habit, 11. 2, 37-8; Les Conseils de Lise, 1. 185 Le Tailleur et la Fée, 1. 44, etc., etc.

* J. Janin, Béranger et son Temps, ii, p. 52.

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