‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 18 sur 227 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

tard il poussa jusqu'à Fontainebleau, où il trouva le vent trop froid. ' Donc, encore une fois le voilà qui traîne à travers les chemins son mobilier déchiqueté sur une charrette, . . . cherchant un nouvel asile1.' Il se réfugia dans la Touraine, le ' jardin de la France,' où il loua la Grenadière, maison de campagne déjà célèbre pour avoir été l'habitation de Balzac. Au bout d'une année à peine, cette jolie propriété perdit tout son charme : il y avait trop chaud en été ; Mlle Judith, dont nous allons parler, y avait trop froid en hiver. Il élut domicile à Tours même (mai 1838). Là, en 1840, il s'éprit soudain d'une jeune Anglaise, et cet amour tardif le troubla tellement qu'il craignit un instant pour sa raison, prit la fuite, se réfugia sous un nom d'emprunt à Fontenay-sous-Bois, près de Vincennes, et y passa quelques mois à lutter contre cette atteinte imprévue. En 1841 il retourna à Passy, et en 1850 rentra à Paris, où il habita tour à tour la rue d'Enfer, le quartier Beaujon, et la rue de Vendôme (aujourd'hui rue Béranger) ; c'est là qu'il mourut.

§ 16. La 'Famille* de Béranger. — Béranger ne s'était pas marié. Il avait eu en 1801 de sa cousine Adélaïde Paron un fils, Lucien, qui fut élevé chez sa nourrice jusqu'à l'âge de huit ans, et dont il se chargea personnellement en 1809. Cet enfant semble avoir été un assez triste personnage, et les efforts de Béranger pour lui donner une éducation convenable n'aboutirent pas. Lorsque Lucien eut vingt ans, il l'envoya chez un ami à l'île Bourbon, avec un capital de 15,000 francs, apprendre le commerce. Lucien Paron eut bientôt 1 J, Janin, op. cit. p. 66.

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