VIE DE BERANGER XXV
dissipé cette somme ; il reçut en outre de son père, jusqu'à sa mort à l'île Bourbon à l'âge de quarante ans, une pension de 1,000 francs par an. Les lettres de Béranger témoignent de l'intérêt qu'il ne cessa de lui porter.
A partir de 1835 ^e ménage de Béranger fut présidé par Judith Frère, qu'il a chantée dans La Bonne Vieille l. Cette fidèle amie — ils se connaissaient depuis 1796 — partagea la vie de Béranger jusqu'à leur mort, pour ainsi dire, car il ne lui survécut que trois mois. Il avait pris à sa charge aussi une vieille tante hargneuse, sœur de sa mère, qui remplissait la maison de criailleries et de disputes, et qu'il dut enfin placer dans une maison de retraite, où elle se hâta de mourir.
§ 17. — Béranger avait annoncé dans sa préface de 1833 une sorte de Dictionnaire historique des Contemporains où, sous chaque nom des notabilités politiques et littéraires, ' viendraient se classer ses nombreux souvenirs et les jugements qu'il se permettrait de porter.' ' Qui sait, ajoutait-il, si ce n'est pas à cet ouvrage de ma vieillesse que mon nom devra de me survivre? ' Il y renonça toutefois bientôt, effrayé d'avoir à dire trop de mal de ses semblables, et se borna à écrire ses propres mémoires, qui furent publiés après sa mort sous le titre de Ma Biographie. Ils sont datés de Tours, 1840, mais s'arrêtent à la Révolution de 1830. Écrits dans un style simple et naturel, ils sont agréables à lire, mais les ' révélations piquantes ' que le public s'attendait à y trouver font absolument défaut.
§ 18. — Béranger passait son temps à écrire les quel- 1 v. note, p. 187.