‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 20 sur 227 · XXV111 INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXV111 INTRODUCTION

que3 chansons dont se compose le Recueil posthume, à correspondre longuement avec un cercle d'amis aussi étendu que varié, à aider de ses conseils et de ses critiques les jeunes débutants dans la carrière des lettres, à s'intéresser avec le maire et le curé de Passy aux pauvres de sa paroisse, à trotter par les rues de Paris chaque fois qu'il voyait une infortune à secourir ou une bonne œuvre à faire, lorsque la Révolution de 1848 vint le surprendre comme elle surprit tout le pays. Républicain de vieille date, il se rendait pourtant mieux compte que personne de tous les dangers qu'offrait un mouvement si soudain et si imprévu, et des mille difficultés qui allaient confronter le gouvernement provisoire ; aussi se tint-il, cette fois, résolument à l'écart. ' Nous avions un escalier à descendre, dit-il, et nous sautons par la fenêtre.' Il s'était cru oublié, et fut stupéfait de se voir élu à l'Assemblée Constituante à plus de 204,000 voix, pour le seul département de la Seine, sans qu'il eût posé sa candidature. Forcé de siéger à l'Assemblée, il s'y trouva mal à l'aise, et donna sa démission le 8 mai. Elle fut repoussée à l'unanimité, mais il la réitéra le 14 dans une lettre simple et digne à ses concitoyens, que l'on trouvera dans sa Correspondance, et rentra définitivement dans la solitude et le silence. On lui reprocha plus tard cet ' excès d'habileté ' à ménager sa popularité : il est certain qu'il entrevoyait la lutte qui allait s'engager dans cette assemblée orageuse, qu'il se rendait compte que les plus honnêtes et les plus désintéressés ne traverseraient pas cette fournaise sans s'y brûler, sans y laisser une bonne partie de leur réputation, et qu'il n'y avait

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