‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 2 sur 227 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

'chez un tailleur, son pauvre et vieux grand-père1/ Son père, qui prenait le nom de Béranger de Mersix, successivement clerc de notaire en province, teneur de livres chez un épicier à Paris, et plus tard notaire, banquier et gérant d'un cabinet de lecture, était entiché de sa prétendue noblesse, et s'était dressé une pompeuse généalogie armoriée ' à laquelle, disait plus tard son fils, il ne manquait que des pièces justificatives, l'exactitude historique et des vraisemblances morales.' Ce Béranger de Mersix, fils d'un cabaretier de Flamicourt, village près de Péronne, était un homme intelligent et entreprenant, mais d'un caractère léger, insouciant et prodigue ; dans le cours d'une vie d'aventures il aspira constamment à une condition plus relevée que celle dont il était sorti, mais jeune encore il avait épousé par amour — ou plutôt par amourette — la fille du tailleur Champy, dont il eut une fille2 et un fils. Quand Béranger naquit son père avait depuis longtemps abandonné le ménage, et s'était réfugié en Belgique après avoir détourné certaines sommes d'argent qu'il avait reçues comme courtier de change. Jean- Pierre fut envoyé en nourrice près d'Auxerre, et y resta trois ans, sans que personne s'occupât beaucoup, dit-il, de savoir s'il était bien ou mal ; il fut ensuite recueilli par ses grands-parents, qui le gâtèrent de leur mieux. C'était à cette époque un enfant chétif et délicat, souvent malade, sujet dès le berceau, dit-il, aux plus violentes migraines, et prêt à trouver mille prétextes

1 v. Le 7a\l\eur et la Fée, 1. 3.

* La sœur de Béranger devint plus tard religieuse, et lui survécut.

Page 1