‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 22 sur 227 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

janvier 1832, dans un article politique des plus hostiles, admet aussi la grande réputation du ' pauvre chansonnier.' Le mouvement romantique, en dépit de la publicité de scandale que lui avait donnée la * bataille diHernaniS s'était accompli au sein d'une petite clique littéraire et artistique ; Victor Hugo, Alfred de Musset, et les membres du Cénacle n'avaient été jusque-là ni compris ni même connus du grand public. Mais lorsque aux environs de 1850 une nouvelle génération littéraire fit l'inventaire du demi-siècle qui venait de s'écouler, elle ne dissimula pas son dédain pour celui que Flaubert appelait le ' chantre des amours faciles et des habits râpés.' Certaines périphrases surannées, les négligences et les obscurités d'un style parfois pénible dans sa concision voulue, l'incohérence de certaines images donnaient beau jeu aux critiques, et des parodies nombreuses, comme le Bonnet de Coton de Louis Bouilhet, blessèrent le vieillard pendant ses dernières années, rendues pénibles aussi par des pertes d'argent et des maladies de plus en plus fréquentes.

§ 20. Mort et funérailles. — Béranger s'éteignit à Paris le 16 juillet 1857, ayant survécu trois mois seulement à sa i bonne vieille.' On a beaucoup parlé des funérailles magnifiques que fit le gouvernement au * poète national.' Le fait est que la police impériale, fidèle à la politique de répression tyrannique grâce à laquelle l'Empire parvint à se maintenir pendant dix-neuf ans, ' ne voulant pas souffrir qu'une manifestation tumultueuse se substituât au deuil respectueux et patriotique qui devait présider à ces funérailles,' s'empara du cadavre, refusa aux amis intimes du poète la permission

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