‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 27 sur 227 · ÉTUDE LITTÉRAIRE XXXV · texte numérisé non relu

ÉTUDE LITTÉRAIRE XXXV

démêlés avec Rome, querelle de Bossuet et de Fénelon, scandales de cour et scandales d'église. On sait du reste que l'ancienne monarchie a été définie : ' un gouvernement absolu tempéré par des chansons.' Sous la Régence et sous Louis XV la matière ne manqua pas non plus à la satire politique, — on compte des centaines de couplets contre le duc d'Orléans et la Dubarry. Sous Louis XVI la chanson fut non seulement moqueuse, mais souvent menaçante, et elle se mit vite à l'unisson du peuple qui prit la Bastille, dans la Carmagnole et le Ça ira ; mais la Révolution fut parfois mieux inspirée, la chanson se transforma volontiers en chant national, et nous donna la Marseillaise, le Chant du Départ, Les Héros du Vengeur, qui comptent parmi les hymnes les plus entraînants que l'enthousiasme patriotique ait jamais inspirés.

§ 23. Le Vaudeville. — Dès le seizième siècle, on donnait à la chanson politique et satirique le nom de vaudeville, terme dont l'origine a été fort débattue. On a de la fin du seizième siècle des recueils de 1 Chansons en forme de Vaux-de-ville ' et de ' Chansons et voix-de-ville ' ; l'un des noms est évidemment une corruption de l'autre, mais lequel? Vaux est-il une corruption de voix, ou le sens premier fut-il : chansons qui vont à val la ville, ou à vau la ville, comme on dit à vau Veauï La question n'a pas encore été résolue. Ce qui la complique encore, c'est qu'il paraît avoir existé en France au quinzième siècle un nommé Olivier Basselin, foulon au Vau de Vire, en Normandie, qui composa un grand nombre de chansons à boire. Celles-ci furent recueillies et rajeunies

Page 1