‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 28 sur 227 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

par Jean des Houx, poète et avocat de Vire, vers la fin du seizième siècle, et publiées par lui sous le nom de vaudevires, appellation qui passa longtemps pour l'origine du vaudeville, avec lequel elle ne paraît cependant avoir rien de commun. Ce furent ces deux poètes normands qui créèrent en France la chanson de table, ou chanson à boire, dont la vogue se généralisa au dix-septième siècle. A partir de cette époque le terme vaudeville s'applique en commun à la satire politique et à la chanson de table ; celle-ci rend également hommage au vin et à l'amour, mais dans des termes trop crus et trop ' égrillards,' comme aurait dit Béranger, pour qu'il soit possible d'en citer des extraits typiques.

Il est difficile, du reste, de se faire une idée de la niaiserie et de la platitude de ces élucubrations de clercs du Palais et de moines en ribote. On en trouve assez souvent chez les bouquinistes des collections telles que le Recueil de 300 Chansons françoises, parfaitement choisies, sur toutes sortes de sujets (Londres, 1737). Invocations banales au Dieu de la Treille, confessions éhontées de moines et de nonnes, aventures de bergers et bergères en goguette, grosses plaisanteries sur Lisette et plus souvent encore sur Goton, les ' toutes sortes de sujets ' ne sortent pas de là. Le seul chansonnier de table qui au dix-septième siècle montre de l'entrain, de la bonne humeur et de la rondeur, c'est le menuisier Adam Billaud, dont l'Hôtel de Rambouillet s'enticha un moment.

§ 24. — La chanson à boire se fait, sinon morale, du moins plus spirituelle, au dix-huitième siècle, lorsque

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