‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 29 sur 227 · ETUDE LITTERAIRE XXXV · texte numérisé non relu

ETUDE LITTERAIRE XXXV

le cabaret devient à la mode. Chez Ramponneau, à l'enseigne du Tambour Royal, se donnaient rendezvous non seulement le peuple, les soldats et les artisans, mais tout le Paris mondain : belles marquises accompagnées de galants abbés, grands seigneurs en bonne fortune ; c'est l'époque des Ramponneau, c'est-à-dire des chansons à la gloire de l'hôte, dont on acclamait le nom au refrain.

Le Caveau. — Nous sommes arrivés aussi à l'époque des sociétés chantantes, qui rendirent enfin un peu de franche gaieté et d'esprit gaulois à la chanson de table. La première en date et la plus célèbre fut le Caveau, fondé en 1729 par Gallet, Piron, Crébillon fils et Collé. L'on se réunit d'abord chez l'épicier Gallet, puis chez le traiteur Landel, dont l'établissement était connu sous le nom de Caveau. C'était à table, et en fêtant Bacchus, que l'on chantait à tour de rôle de joyeux couplets. Bientôt de nouveaux convives vinrent grossir la compagnie : Fuzelier, Panard, Salle, Saurin, Crébillon père, le sombre tragique, qui était en même temps le meilleur et le plus doux des bons enfants ; puis Helvétius, Lanoue, Rameau, Boucher. Le Caveau était devenu * l'Académie de la chanson,' mais la dispersion d'une partie de ses membres, et les désagréments qu'amena la morgue de plusieurs grands seigneurs introduits dans les réunions, causèrent la dissolution de la société en 1739. Elle avait publié un recueil de chansons sous le titre de Clef du Caveau.

Le Caveau fut reconstitué en 1759 par Crébillon, Collé, Helvétius, Lanoue, auxquels s'adjoignirent Marmontel, Boissy, Suard, Laujon, et bien d'autres ; il

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