‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 5 sur 227 · VIE DE BERANGER IX · texte numérisé non relu

VIE DE BERANGER IX

pendant neuf mois. Acquitté après le 9 thermidor, il était revenu à Paris, avait fondé une maison de banque et de prêt sur gages fréquentée surtout par les royalistes, s'était remis en ménage avec sa femme (qui mourut toutefois peu après), et ses affaires ayant réussi au-delà de tout espoir, il rappelait à lui un fils qui pouvait lui être utile. Le jeune apprenti imprimeur lui fut utile en effet. Il nous dit lui-même qu'il devint un financier fort habile, qui comptait de tête avec une merveilleuse promptitude. Il se trouva à cette époque témoin de toutes les intrigues royalistes contre le Directoire, fut à même de juger de ce que valaient les partisans des Bourbons, et put dire à bon droit, lorsque ceux-ci rentrèrent plus tard au pouvoir : 1 je les connais.' Dans l'affaire de Brothier et de Villeharnois, dite Conspiration de l'an V, ce fut la maison Béranger qui fit venir de l'argent de Londres. ' Et moi, pauvre petit patriote, il me fallait porter sérieusement cet or aux conspirateurs, qui, je dois le dire à ma décharge, me paraissaient en user plus pour leurs besoins particuliers que pour l'accomplissement de leurs projets.' * Béranger père fut arrêté, puis relâché faute de preuves ; pendant sa détention, son fils avait fait près de 200,000 francs d'affaires ! Il se rendait compte cependant de l'état précaire de leurs finances, dû au manque d'ordre et de prudence de son père, et lorsque la maison croula par suite de la crise financière de 1798 il y avait déjà plusieurs mois qu'il s'était retiré dans sa ' mansarde sans feu,' et qu'il avait cessé de s'occuper d'affaires de banque. Plusieurs 1 Ma Biographie, p. 31.

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