XIV INTRODUCTION
fortune, du moins une aisance relative, après les dures années qu'il venait de passer, mais son travail chez Landon ne pouvait durer longtemps, et il dut bientôt s'inquiéter de nouveau de trouver un emploi permanent. § 7. — Dès 1804 il avait demandé à Arnault1, ami de Lucien Bonaparte, de prendre auprès de lui la place de son protecteur exilé, et ils s'étaient bientôt liés d'une vive amitié ; Arnault espérait lui obtenir une place dans les bureaux de l'Université, mais il fallait attendre qu'il y en eût une de vacante. A la fin de
1808, Béranger se trouvait de nouveau presque sans moyens d'existence, et avait dû accepter à Péronne l'hospitalité de son ami et modeste Mécène, Quénescourt, lorsqu'il fut rappelé à Paris pour assister aux derniers instants de son père, qui mourut le Ier janvier
1809, lui laissant une succession composée surtout de dettes, et qui ne lui valut que des ennuis et des difficultés. Enfin, au mois de mai 1809, Arnault l'emmena chez le grand-maître de l'Université, Fontanes, qui tenait à sa disposition une place dans les bureaux, et qui le reçut fort bien, dit-il2. Mais cette bienveillance se refroidit bientôt, et pour cause : on offrit à Béranger une place de sous-chef, avec 3,000 francs d'appointements. Il la refusa, expliquant qu'il préférerait moins d'argent et plus de liberté ; annonça à Fontanes ' qu'il tenait à ne point avoir trop à faire,' donna à entendre enfin qu'il voulait bien accorder à l'Université quelques heures par jour du travail de ses mains, en réservant toute son intelligence pour ses
1 v. note, p. 174.
2 Lettre à Quénescourt du 20 mai 1809.