‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 8 sur 227 · VIE DE BÉRANGER XV · texte numérisé non relu

VIE DE BÉRANGER XV

travaux littéraires, et déclara gracieusement vouloir bien se contenter, à défaut de mieux, d'une place de 2,000 francs ' qui ne le gênât pas trop.' Son indignation fut grande lorsque on lui en offrit une de 1,500 francs ; plus grande encore lorsque en fin de compte il dut accepter une place de commis-expéditionnaire de 1,200 francs. Il ' entra au bagne ' au mois de juillet, et passa dans les bureaux de l'Université douze ans, à des appointements qui flottèrent de 1,200 à 2,000 francs, sans aucune ambition d'avancement, et trop content d'être enfin délivré en 1821 de la lourde chaîne dont il parle plus d'une fois dans ses chansons K

Béranger avait promis aussi en 1809 de rédiger pour le gendre de Landon le texte d'une Galerie mythologique> et écrivit une vingtaine d'articles très fouillés sur Achille, Adonis, Apollon, etc. ; cette entreprise n'aboutit pas, mais elle laissa sa trace sur toute l'oeuvre de Béranger, qui en conserva une tendance fâcheuse à orner des ' vieux oripeaux ' de la mythologie classique des chansons où celle-ci n'avait rien à voir. C'était du reste le goût de l'époque, et le chansonnier tenait peut-être à honneur de montrer qu'en dépit de son ignorance du grec et du latin il connaissait son Iliade aussi bien qu'un autre.

§ 8. — Sous l'Empire Béranger faisait de fréquents voyages à Péronne, où l'attiraient de bons amis qui formaient entre eux une société joyeuse appelée Couvent des Sans-Scuci. Béranger y portait le nom significatif de ' Frère Hilarion.' Pour ces réunions tout intimes il rimait des couplets comme la Chanson 1 v. Ma Vocation, 1. 19; Mon Ame, 1. 40.

Page 1