‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 92 sur 227 · ADIEUX A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA CAMPAGNE

Soleil si doux au déclin de l'automne,

Arbres jaunis, je viens vous voir encor.

N'espérons plus que la haine pardonne

A mes chansons leur trop rapide essor.

Dans cet asile, où reviendra Zéphire, 5

J'ai tout rêvé, même un nom glorieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ;

Echos des bois, répétez mes adieux.

Comme l'oiseau, libre sous la feuillée,

Que n'ai-je ici laissé mourir mes chants ! 10

Mais de grandeurs la France dépouillée

Courbait son front sous le joug des méchants.

Je leur lançai les traits de la satire ;

Pour mon bonheur l'amour m'inspirait mieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; 1 ;

Echos des bois, répétez mes adieux.

Déjà leur rage atteint mon indigence ;

Au tribunal ils traînent ma gaieté ;

D'un masque saint ils couvrent leur vengeance :

Rougiraient-ils devant ma probité? 20

Page 1