ADIEUX A LA CAMPAGNE
Soleil si doux au déclin de l'automne,
Arbres jaunis, je viens vous voir encor.
N'espérons plus que la haine pardonne
A mes chansons leur trop rapide essor.
Dans cet asile, où reviendra Zéphire, 5
J'ai tout rêvé, même un nom glorieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ;
Echos des bois, répétez mes adieux.
Comme l'oiseau, libre sous la feuillée,
Que n'ai-je ici laissé mourir mes chants ! 10
Mais de grandeurs la France dépouillée
Courbait son front sous le joug des méchants.
Je leur lançai les traits de la satire ;
Pour mon bonheur l'amour m'inspirait mieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; 1 ;
Echos des bois, répétez mes adieux.
Déjà leur rage atteint mon indigence ;
Au tribunal ils traînent ma gaieté ;
D'un masque saint ils couvrent leur vengeance :
Rougiraient-ils devant ma probité? 20