‹ Chansons choisiesChapitre 75 sur 155 · ADIEUX A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA CAMPAGNE

Comme l'oiseau, libre sous la feuillée.

Que n'ai-je ici laissé mourir mes chants î Mais de grandeurs la France dépouillée Courbait son front sous le joug des méchants. Je leur lançai les traits de la satire; Pour mon bonheur l'amour m'inspirait mieux. Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire; Échos des bois, répétez mes adieux.

Déjà leur rage atteint mon indigence *),

Au tribunal ils traînent ma gaîté ;

D'un masque saint ils couvrent leur vengeance:

Rougiraient-ils devant ma probité?

Ah! Dieu n'a point leur cœur pour me maudire:

L'intolérance est fille des faux dieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire;

Échos des bois, répétez mes adieux.

Sur des tombeaux si j'évoque la gloire. Si j'ai prié pour d'illustres soldats, Ai-je, à prix d'or, aux pieds de la victoire. Encouragé le meurtre des états ?

Ce n'était point le soleil de l'empire Qu'à son lever je chantais dans ces lieux. Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire; Échos des bois, répétez mes adieux.

*) Lorsque mon Recueil parut, on m'a assuré que ce fut le ministère qui força les membres du conseil de l'Université de m'ôler le modique emploi d'expéditionnaire que j'occupais depuis douze ans.

ADIEUX A LA CAMPAGUB. 125

Que, dans l'espoir d'humilier ma -vie, Bellart s'amuse à mesurer mes fers; Même aux regards de la France asservie. Va noir cachot peut illustrer mes vers. A ses barreaux je suspendrai ma lyre, La renommée y jettera les yeux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; Échos des bois, répétez mes adieux.

Sur ma prison vienne au moins Philomèle ! Jadis un roi causa tous ses malheurs.

Partons: j'entends le geôlier qui m'appelle. Adieu les champs, les eaux, les prés, les fleurs. Mes fers sont prêts; la liberté m'inspire: Je vais chanter son hymne glorieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire; Échos des bois, répétez mes adieux.

Mon Carnaval.

(Sainte-Pélagie.)

Air des Chevilles de maître Adam} ou Air nouveau de M. Meissonnier,

Amis, voici la riante semaine,

Que tous les ans je fêtais avec vous.

Marotte en main, dans le char qu'il promène,

Momus au bal conduit sages et fous.

Sur ma prison, dans l'ombre ensevelie.

Il m'a semblé voir passer les amours.

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