LE VIEILLARD
Voici la couche et la demeure:
Chasse tes rêves lénébreux.
Tiens-moi lieu du fils que Je pleure.
Dieu t'offre un ami ; sois heureux.
L'étranger reste; il plaît, il aime, Et de fleurs bientôt couronné, Époux, et père, il va lui-même Dire à plus d'un infortuné:
,,Le sort est injuste, sans doute.
Mais n'est pas toujours rigoureux.
Dieu, qui m'a placé sur ta route. Dieu t'offre un ami; sois heureux."
Oetavie*
Air des Comédiens; ou du rondeau de Miller, inliiulé . UN TOUR DE JARDIN.
Viens parmi nous, qui brillons de jeunesse. Prendre un amant, mais couronné de fleurs; Viens sous l'ombrage, où, libre avec ivresse, La volupté seule a versé des pleurs.
Ainsi parlaient des enfants de l'empire A la beauté dont Tibère est charmé.
Quoi! disaient-ils, la colombe soupire Au nid sanglant du vautour affamé!
Belle Oclavie, à tes félcs splendides, Dis-nous, la joie a-t-elle jamais lui?
Ton char, Irainé par six coursiers rapides, Laisse trop loin les amours après lui.
Sur un vieux mnîlre, aux Romains qu'elle outrage. Tant d'opulence annonce ton crédit; Mais sous la pourpre on sent ton esclavage; Et, tu le sais, l'esclavage enlaidit.
Marche aux accords des lyres parasites; Que par les grands tes vœux soient épiés; Déjà, dit-on, nos préIres hypocrites Ont de leurs dieux mis l'encens à tes pieds.
Mais, à la cour, lis sur tous les visages, Traîtres, flatteurs, meurtriers, vils faquins. D'impurs ruisseaux, gonflés par nos orages, Font déborder cet égout des Tarquins.
Tendre Octavie, ici rien n'effarouche
Le dieu qui cède à qui mieux le ressent.
Ne livre plus les roses de ta bouche
Aux baisers morts d'un fantôme impuissant.
Viens parmi nous, qui brillons de jeunesse. Prendre un amant, mais couronné de fleurs: Viens sous l'ombrage, où, libre avec ivresse, La volupté seule a versé des pleurs.
Accours ici purifier tes charmes :
Les délateurs respectent nos loisirs.
Tous à leur prince ont prédit que nos armes
Se rouilleraient à l'ombre des plaisirs.