‹ Chansons choisiesChapitre 97 sur 155 · OCTAVIE · texte numérisé non relu

OCTAVIE

Sur les coussins où la douleur l'enchaîne. Quel mal, dis-lu, vous fait ce roi des rois? Vois-le d'un masque enjoliver sa haine.

Pour élouffer noire gloire el nos lois.

Vois ce cœur faux, que cherchent tes caresses. De tous les siens n'aimer que ses aïeux: Charger de fers les muses yengcresses.

Et par ses mœurs nous révéler ses dieux.

Peins-nous ses feux, qu'en secret lu redoutes, Quand sur ton sein il cuve son neclar, Ses feux infects dont s'indignent les voAles Où plane encor l'aigle du grand César.

Ton sexe faible est oublieux des crimes: Mais dans ces murs ouverts à tant de peurs, N'enlends-lu pas des ombres de victimes Mêler leurs cris à tes soupirs trompeurs?

Sur le tyran et sur toi le ciel gronde; Avec les siens ne confonds plus tes jours. Ah ! trop souvent la liberté du monde A d'un long deuil affligé les Amours.

Viens parmi nous, qui brillons de jeunesse, Prendre un amant, mais couronne de fleurs; Viens sous l'ombrage, où, libre avec ivresse, La volupté seule a versé des pleurs.

BON BNTBRRBMBNT. 167

jffoii Eiiterreiiieiit.

Air : Quand on ne dort pas de la nuit. (De Lisbelb.)

Ce malin, je ne sais comment,

Je vois d'Amours ma chambre pleine;

J'étais couché, sans mouvement.

Il est mort, disaient-ils gaîment,

De l'inhumer prenons la peine.

Lors je maudis entre mes draps

Ces dieux que j'aimais tant à suivre.

Amis, si j'en crois ces ingrats,

Plaignez-moi {bis} , j'ai cessé de vivre, [bis.)

De mon vin ils prennent leur part,

Ils caressent ma chambrière:

L'un veut guider le corbillard,

Et l'autre d'un ton nasillard,

We psalmodie une prière.

Le plus grave ordonne à l'instant

Vingt galoubets pour mon escorte:

Mais déjà la voiture attend.

Plaignez-moi, voilà qu'on m'emporte.

Causant, riant, faisant des leurs, Les Amours suivent sur deux lignes; Le drap, où l'argent brille en pleurs.

Porte un verre, un luth et des fleurs, De mes ordres joyeux insignes.

168 MON ENTEBREMRNT,

Maint passant, qui met chapeau bas, Se dit: Trisle ou gai, tout succombe!

Les Amours font hàler le pas.

Plaignez-moi, j'arrive à ma tombe.

Mon cortège, au lieu de prier.

Chante là mes vers les plus lestes.

Grâce au ciseau du marbrier, Une couronne de laurier Va d'orgueil enivrer mes r^slcs.

Tout redit ma gloire en ce lieu, Qui bientôt sera solitaire:

Amis, j'allais me croire un dieu.

Plaignez-moi, voilà qu'on m'enterre.

Mais d'aventure, en ce moment, Par-là passait mon infidèle; Lise m'arrache au monument:

Puis encor, je ne sais comment.

Je me sens renaître auprès d'elle.

De la vie et de ses douceurs.

Vous qu'à médire l'âge excite, Vous du monde éternels censeurs, Plaignez-moi, car je ressuscite.

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