CATULLE
SONNET
Désirs ardents, langueurs molles, Volupté franche et sans fard, Beaux vers, courtisanes folles.
Le plaisir, l'amour et l'art ;
Puis de vibrantes paroles, L'épigramme comme un dard.
Jusqu'aux plus fiers capitules Volant au front de César ;
Puis enfin quand Rome expire, Le chanteur jette sa iyre Que la force allait briser ;
Et son âme qui soupire Sexhale dans un sourire Ou s'éteint dans un baiser.
COUPLET DE CATULLE
Si l'on me donnait de baiser tes yeux Doux comme le mie!, purs comme l'auroxe, Cent mille baisers et cent mille encore, Ne suffiraient pas à combler mes vœux, Dussent-ils plus drus sur ma lèvre éclore Que les épis d'or dans les sillons creux.
COUPLET DE CATULLE
Ah ! vivons, aimons ! Des myrtes, des roses ! Vite savourons ces instants trop courts. Et, laissant gronder les vieillards moroses, Aimons-nous, Lesbie, aimons-nous toujours ! Le soleil qui meurt pourra luire encore. L'arbre dépouillé pourra refleurir.
Mais nous, quand sétemt cette courte aurore
COUPLET DE CATULLE 63
D'un sommeil sans fin il nous faut dormir. Aimons donc, aimons sans crainte et sans honte, Donne sans compter tes baisers de feu ; Oui, j'en veux moi-même ignorer le compte. Et dire toujours : encor ! C'est trop peu. Je veux qu'on se lasse à vouloir nous suivre, Que tous les jaloux y perdent leur temps ; Moi-même je veux ne songer qu'à vivre Au nid chaud que font tes seins palpitants.