‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 51 sur 82 · RONDE · texte numérisé non relu

RONDE

Lon là ! Lon là !

L'oisillon du bois s'envole.

Lon là ! Lon là !

L'oisillon du bois s'en va! (1)

Prenez place à notre ronde, Jeunes et vieux, sage et fou ; Vous qui parcourez le monde.

Vous qui ne bougez du trou.

Vierge sage, vierge folle.

De province ou de Paris, Jeunes garçons, vieux maris.

Retenez cette parole :

Lon là ! Lon là !.. .

(I) Refrain d'une farce du XV siècle intitulée : Métier et Marchandise.

Fillette jeune et gentille, Si fière de tes quinze ans.

Danse, ris, chante, babille Et moque-toi des amants.

Mais de ta fraîche auréole Le Temps dépouille ton front.

Fi ! le petit laideron !

Plus d'amant pour une obole !

Lon là ! Lon là !...

Madame oubliant sa bosse.

Riche, achète un jeune époux.

Jusques au jour de la noce Qu'il est soumis ! Qu'il est doux !

Vraiment il sait bien son rôle. Mais après le fatal oui L'amant s'est évanoui.

Oii donc est passé le drôle ?

Lon là ! Lon là !...

Monsieur a l'âme très dure, Et se dit bien généreux Quand il prête avec usure L'or qu'on doit aux malheureux.

Mais voilà qu'il se désole.

Lui, si content de son sort.

Page 1