‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 55 sur 82 · INCONNUE · texte numérisé non relu

INCONNUE

Vous en souvient-il bien encor ?

Ce fut dimanche soir, ma reine, Que mon cœur vers vous prit l'essor.

Voilà bientôt une semaine.

Ce fut dimanche soir, ma reine, Vous en souvient-il bien encor ?

Ce fut dimanche soir, ma blonde, — Peut-être vous en avez ri, — Que d'un regard tout attendri J'embrassai votre taille ronde.

Peut-être vous en avez ri.

Ce fut dimanche soir, ma blonde.

Peut-être en riez-vous toujours.

Ce fut dimanche soir, petite.

Que j'osai vous parler amours D'une voix qui tremble et palpite.

Ce fut dimanche soir, petite, Peut-être en riez-vous toujours.

Ce fut dimanche soir, ma belle.

Je ne vous l'ai point pardonné, Que vous m'avez, droit sur le né, Fermé cette porte cruelle.

Je ne vous l'ai point pardonné.

Ce fut dimanche soir, ma belle.

Mais c'est aussi dimanche soir, O fillette douce et méchante, Que vous m'avez dit au revoir De votre fraîche voix qui chante, O fillette douce et méchante.

Ce fut aussi dimanche soir.

Et c'est pourquoi depuis dimanche

Je reviens ici chaque soir.

Oh ! oui ! je les voudrais revoir

Vos blonds cheveux, votre main blanche ;

Et c'est pour çà que chaque soir

Je viens ici depuis dimanche.

Et dimanche je partirai

Pour ne plus vous revoir, ma chère,

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