‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 71 sur 82 · ETOILES MORTES · texte numérisé non relu

ETOILES MORTES

Des lueurs que sur nous versent les nuits glacées, A travers les flots bleus de l'Océan sans bords. Plus d'une vient, dit-on, d'étoiles trépassées. Dieux dont la Vie errante a quitté les grands corps :

Mais les flèches de feu dans l'espace lancées, Dans le stade infini cheminant depuis lors. Arrivent parmi nous traînantes et lassées. Regards aux yeux vivants dardés par des yeux morts.

Tels, ces frissons d'amour, ces brûlantes haleines. Ces effluves soudams dont frémissent nos veines. Dames des temps passés, sont vos baisers perdus.

Reflets des cœurs éteints où brûlèrent des flammes, Souffles encore ardents de ce qui fut des âmes, Sur tous les cœurs à naître au hasard répandus.

^ Mats 1880.

Page 1