‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 175 sur 206 · LE TAILLEUR ET LA FÉE · texte numérisé non relu

LE TAILLEUR ET LA FÉE

CHANSON CHANTEE A MES AMIS LE JOUE ANNIVERSAIRE DE HA NAISSANCE , 19 AOUT 183a.

jflr d'Angeline ( </e }rUhem).

Dans ce Paris plein d'or et de misère ,

En l'an du Gbnst mil sept cent quatre-yingt,

U UUC ICC.

€1iex un tailleur , mon pautre et TÎeiix gmd-père | Moi , nonTeau-né , sacliei ee qui m'adTint. Rien ne prédit la gloire d'an Orphée X mon bercean , qui n'était point de fleurs; Mais mon grand-père , accourant à met pleurs, Me tronye un jour dans les bras d'une fée. Et cette fée , ayec de gais refrains, Calmait le cri de mes premiers cbagrins.

I/e bon Yieillard lui dit , Tame inquiète : « X cet enfant quel destin est promis?» Elle répond : « Yois-le, sous ma baguette, » Garçon d'auberge , imprimeur et commis. » Un coup de foudre ajoute à mes présages * : » Ton fils atteint ya périr consumé ; » Dieu le regarde , et l'oiseau ranimé » Yole en chantant brayer d'autres orages. » Et puis la fée , ayec de gais refrains , Calmait le cri de mes premiers chagrins.

u Tous les plaisirs , sylphes de la jeunesse , » Éyeilleront sa Ijre au sein des nuits. » Au toit du pauyre il répand l'allégresse, i> À l'opulence il sauye des ennuis.

)) Mais quel spectacle attriste son langage? M Tout s'engloutit et gloire et liberté : M Comme un pécheur qui rentre épouranté | )) Il rient au port raconter leur naufrage. »

* L'autenr fut frappé de la foudre dans ta |«nn«fse.

Et puis la fée ayec de gaii refrains , CaliDait le cri de mes premiers cliagrijis.

Le TÎeiix tailleur s'écrie : n Eli qaoi ! ma fille » Ne m^a donné qu^un faiseur de chansons ! » Mieux jour et nuit Taudrait tenir Paiçoille, » Que, faible écho, mourir en de rains sons.» )> Ya , dit la fée , à tort tu t'en alarme» y, M De grands talens ont de moins beaux succès. » Ses chants légers seront chers aux Français. 1) Et du proscrit adouciront les larmes.». Et puis la fée , avec de gais refrains , Calmait le cri de mes premiers chag^ns^

Amis , hier, j'étais faible et morose ,,

L'aimable fée apparaît à mes yeux.

Ses doigts distraits eifeuillaient une rose;;

Elle me dit : <c Tu te vois déjà Tieux.

» Tel qu'aux déserts parfois brille un mirage^

» Aux cœurs yieillis s'ouvreun doux souvenir.

» Pour te fêter tes amis vont s'unir ;

)) Long-temps près d'eux revis dans un autre àg^*»

Et puis la iée, ayec ses gais refrains ,

Gomme autrefois dissipa mes chagrins.

* Lei effets fantastiques du mirage trompent les yeux du voyageur au milieu des sables da désert : il croit voir devant lut des forêts , des lacs, des ruisseaux, etc.

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