‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 55 sur 206 · ADIEUX DE MARIE STUART · texte numérisé non relu

ADIEUX DE MARIE STUART

Musique de M. B, JVUhetn,

Adieu , charmant pays de France ,

Que je dois tant chérir !

Berceau de mon heureuse enfance , Adieu ! te quitter c^est mourir.

Toi que j'adoptai pour patrie , Et d'où je criiis me voir hannir , Entends les adieux de Marie , France, et garde son souvenir.

Le vent souffle , on quitte la plage : Et , peu touché de mes sanglots , Dieu , pour me rendre à ton rÎTage , Dieu n'a point souleyé les flots !

Adieu , charmant pays de France ,

Que je dois tant chérir !

Berceau de mon heureuse enfance , Adieu ! te quitter c'est mourir.

Lorsqu'aux yeux du peuple que j^ime ,

Je ceignis les lis éclatans ,

Il applaudit au rang suprême

Moins qu'aux charmes démon printemps.

En vain la grandeur souveraine

M'attend cliez le sombre Écossais ;

Je n'ai désiré d'être reipe

Que pour régner sur des Français.

Adieu , cBormant pays de France ,

Que je dois tant clérir !

Berceau de mon heureuse enfance, Adieu ! te quitter c'est mourir.

L'amour , la gloire , le génie ,

Ont trop enivré mes beaux jours ;

Dans l'inculte Calédonie

De mon sort va changer le ocvra.

Hélas ! un présage terrible

Doit livrer mon cœur à l'effiroi :

J'ai cru voir dans un songe horrible

Un échafaud dressé pour moi.

Adieu , charmant pays de France ,

Que je dois tant chérir !

Berceau de mon heureuse enfance , Adieu ! te quitter c'est mourir.

France , du milieu des alarmes , La noble fille des Stuarts , Gomme en ce jour qui voit ses larme» , Tert toi tournera ses regards.

ii5 Mais , Dieu ! le vaisseau trop rapide Déjà Yogue sous d^antves cieux , Et la nuit , dans sou Toile h«mide , Dérobe tes bords à mes yeux*!

Adieu , charmant pays de France ,

Que je dois tant chérir!

Berceau de mon heureuse enfance , Adieu ! te quitter c^est mourir !

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