‹ Chansons de BérangerChapitre 150 sur 307 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

D*CR PETIT KOI k 02T PETIT DOC.

Aie : Ah! daignei m'épargner le retU»

Salut! petit eottsin germain;

D’un lieu d’exil j’ose t’écrire.

La Fortune te tend la main :

Ta naissance l’a fait sourire.

Mon premier jour aussi fut beau:

Point de Français qui n’en convienne.

Les rois m’adoraient au berceau ,

Et cependant je suis à Vienne!

Je fus bercé par tes faiseurs De vers , de chansons , de poëmes :

Ils sont, comme les confiseurs.

Partisans de tous les baptêmes.

Les eaux d’un fleuve bien mondain Vont laver ton âme chrétienne :

On m’offrit de l’eau du Jourdain,

Et cependant je suis & Vienne!

Ces juge§^ ce* paîrt atUîï Qui te prédisent des merveilles.

De mon temps juraient qae les lis Seraient le butin des abeilles»

Parmi les nobles détracteur*

De toute vertu plébéienne,

Ma nourrice avait des flatteurs,

Et cepcudant je suis à Vienne !

Sur de* lauriers je me couchais {

La pourpre seule t*environne.

De* sceptres étaient mes hochets; Mon bourlet fut une couronne.

Méchant bourlet! puisqu*un faux pas Même au Saint-Père ôtait la sienne.

Mais j*avais pour moi nos prélats.

Et cependant je suis à Vienne I

Quant aux maréchaux , je crois peu Que du monde ils l’ouvrent l’entrée; Ils préfèrent au cordon bleu De rhonneur l’étoile sacrée.

Mou. père à leur beau dévoûmeut Livra sa fortune et la mienne :

Ils auront tenu leur serment ,

Et cependant je suis à Vienne i

Près du trône si tu grandis ,

Si je végète sans puissance , Confonds ces courtisans maudits , En leur rappelant ma naissance.

Disdeur: «Je puis avoir mon tour,

■ De* mon cousin qu'il tous soutienne.

• Vous lut promettiez votre amour,

»Et cependant il est à Vienne! >

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