‹ Chansons de BérangerChapitre 152 sur 307 · L’ORAGE · texte numérisé non relu

L’ORAGE

Aib ; C*e»t l'amour, l'amour.

Chers enfants, dansezi dansesl Votre âge Échappe à l'orage :

Par l’espoir gaiment bercés , Dansez, chantez, dansez.

A l’ombre des Tertes charmilles.

Fuyant l'école et les leçons ,

Petits garçons , petites filles ,

Vous vouiez danser aux chansons.

En vain ce pauvre monde Craint de nouveaux malheurs; En vain la foudre gronde Couronnez'vous de fleurs.

Chers enfants, etc.

L’éclair sillonne le nuage ,

Mais il n’a point frappé vos yeux.

L’oiseau se tait dans' le feuillage; Rien n’interrompt vos chants joyeux.

J'en crois votre allégresse ;

Oui, bientôt d’un ciel pur.

Vos yeux brillants d’ivresse Réfléchiront l’azur.

Chers enfants , etc.

Vos pères ont eu bien des peines;

Comme eux ne soye* point trahie.

D’une main ils brisaient leurs ehaincs.

De l'autre ils vengeaient leur pays.

De leur char de victoire Tombés sans déshonneur,

Ils vous lèguent la gloire :

Ce fut tout leur bonheur.

Chers enfants , etc.

Au bruit de lugubres fanfares,

Hélas ! vos yeux se sont ouverts.

C’était le clairon des Barbares Qui vous annonçait nos revers.

Dans le fracas des armes p Sous nos toits en débris,

Vous mêliex à nos larmes Votre premier souris.

Chers enfants , etc.

Vous triompherez des tempêtes Où notre courage expira.

C’est en éclatant sur nos têtes Que la foudre nous éclaira.

Si le Dieu qui vous aime Crut devoir nous punir ,

Pour vous sa main ressème Les champs de l'avenir.

Chers enfants, etc.

Enfants, l’orage, qui redouble.

Du sort présage le courroux.

Le sort ne vous cause aucun trouble

Mais à mon âge on craint ses coups.

S’il faut que je succombe En chantant nos malheurs,

Déposez sur ma tombe Vos couronnes de fleurs.

Chers enfants, dansez, dansez!

Votre âge Échappe à l’orage :

Par l’espoir gaîment bercés.

Dansez, chantez, dansez!

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