LE VIEUX SERGENT
Aia : DU-moip êoldat , distnai, f’eti $ou»Uns-tuT
Près du rouet de sa fille chérie Le vieux sergent se distrait de ses maux,
£t, d'une main que la balle a meurtrie.
Berce en riant deux petits*fils jumeaux.
Assis tranquille au' seuil du toit champêtre.
Son seul refuge après tant de combats,
11 dit parfois : ■ Ce n’est pas tout de naître :
• Dieu, mes enfants, vous donne un beau trépasi»
Mais, qu*entcnd«il7 le tamhour qui résonne;
Il foit au loin patser un bataillon.
Le sang remonte à ton front qui griionne <
Le vieux coursier a senti l'aiguillon, nélas ! soudain tristement il s'écrie :
• C'est un drapeau que je ne connais pas *.
> Ah ! si jamais vous vengez la patrie ,
•Dieu» mes enfants, vous donne un beau trépas.
■Qui nous rendra^ dit cet homme héroïque ,
■ Aux borda du Rhin » à Jemmape , & Fleurus , ■Ces paysans. Gis de la République ,
■Sur la frontière, à sa voix accourus 1
■Pieds nus, sanspain , sourds aux lâches alarmes,
■Tons à la gloire allaient du même pas.
■ Le Rhin lui seul peut retremper nos armes.
a Dieu , mes enfants, vous donne un beau trépas!
• De quel éclat brillait dans la bataille ■Ces habits bleus par la Victoire usési
• La Liberté mêlait a la mitraille
•Des fers rompus et des sceptres brisés.
■Les nations , relues par nos conquêtes , .
■ Ceignaient de fleurs le front de nos soldats. ■Heureux celui qui mourut dans ces fêtes!
■ Dieu, mes enfants, vous donne un beau trépas!
■Tant de vertu trop tôt fut obscurcie.
■Pour s'anoblir nos chefs sortent des rangs;
•Par la cartouche encor toute noircie ,
• La France était alors couverte de drapeaux étran* gers.
«Leur bouche eet prêter» flatter les'tjrfaDi*
» La Liberté' déecrte avec ses arme*;
«D'un trône à l’autre ils font oiTrir leurs bras;
• A notre gloire on mesure nos larmes^
■Dieu, mes enfants, vous donne un beau trépasli
Sa fille alors , interrompant sa plainte ,
Tout en filant , lui chante à demi>voix Ces airs proscrits qui , les fràppant de crainte ^ Out en sursaut réveillé tous les roiA« > . < /
■Peuple , à ton ton'r qne ees chants te réveiUeutI »I1 en est temps, s> dH-il aussi tout bas. < i ■ Puis il répète à’ ses fils qui sommetUent :*
« Dieu, mes enfants, voüs donne un beau- trépas! •
os»saaisi»s|d#tit8¥si»sis»auee<»»*«M»sus»*«»Ma
le' PRiSO'pifNIER. ■ •
Ata de la Batançàfré (d’Ainédée'dC' BèatjÿUn)^
Reine des flots ÿ sur ta barque rapide ,
Vogue en ebantant, au bruit des longs échos.
Les vents sont doux,d-oude est calma etlimpidet Le ciel souri tt vogue, reine des flots.
Ainsi cbame à travers lergrilles ,
Du eiqptif qtii Voit chaque jour;
Voguer la plus belle des filles Sur les flots qui baignent la tour.
Reiue des flots, ete.
Moi , captif à la fleur de Tige •
Dam ce vieux fort inhabité,
“ J'attends chaque jour ton passage Comnïej*attends la liberté.
Reine des flots, etc.
L*eau te réfléchît grande et belle ,
Ton sein Corme |un heureux coolour.
A qui [ta xoile obéit-elle?
Est-«e,au Zéphjr,? est-ce àil’Amour ?
Reine des-flol#, etc.
De quel espoir mon cœur sVnirre!
Tu veux m’afracber de ce fort.
Libre par toi , je vais te suivre :
Le bonheur est sur l’autre bord.
Reine des flots, etc.
Tu t’acrétes:, et ma souÇTranee Semble .niouiUer tes yeux de pleura. •
Hélas 1 aemblable à l’Espérance,
Tu passes, tu fuis , et je meurs.
Reine des flots , etc.
' L'illusion m'est donc ravie !
Blais non ; vers moi tu tends la main.
Astre de qui dépend ma vie ,
Poui* moi tu brilleras demain.
Reine des flots ,* aof ta barque rapide . '
Vogue en chantant i au bruit des> longs èehos Les vents sont doux , l'onde est calme et limpide, Le ciel sourit; j»ogue, reine des flots.