‹ Chansons de BérangerChapitre 230 sur 307 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Alt : Péga$$ ett un chtvat qui porte.

Sur son uaTtre , un capitaine TranspoHait des noirs au marché.

L’ennui les tuait par Tingtaine :

Peste! diuil, quel débouché!

Fil que c’estlaid, sols que vous êtes!

Bfais j’ai de quoi tou» guérir tou».

Veiie» voir me» marionucUe»*, BonseBclavc», amusez-vous.

Pour tromper leur douleur mortelle , Soudain un théâtre est monté ; Soudain parait Polichinelle ,

Pour de» noir» grande nouveauté.

IVabord ils ne savent qu'en dire ,

Ils se regardent en dessous;

Puis auz pleurs se mêle uu sourire :

Bon» esclaves, amusez-vous.

Voilà monsieur le commissaire :

Il s’attaque au roi des bossus ,

Qui , trouvant un exemple à faire , Vous l’assomme et $ouffla dessus. Oubliant tout jusqu’à leurs chaînes, Nos gens poussent des rires fous.

L’homme est infidèle à ses peines :

Bons esclaves , amusez-vous.

Le diable vient ; l’ange rebelle Leur plaît, surtout par sa couleur.

Il emporte Polichinelle;

Autre accroc fait à la douleur.

Cette fin cbarme l’auditoire :

Un noir a triomphé pour tous.

Les pauvres gens rêvent la gloire :

Bons esclaves , amusez-vous.

Ainsi, voguant vers l’Amérique,

Où s’aggraveront leurs destins.

Digilized by Ciooslt

De leur humeur mélancolique ,

Ils sont tirés par des pantins.

Tout roi que la peur désenivre Nous prodigue aussi les joujoux.

N'allez pas vous lasser de vivre :

Bons esclaves, amusez-vous.

— <e»e»e»B»ei»s»e»e»s»e»aiteise»e»eiSe>»s-s

LA MODCHE.

Air : Je loge au quatrième étage.

Au bruit de notre gaîté folle ,

Au bruit des verres , des chansons, Quelle mouche murmuré et vole ,

£t revient quand nous la chassons? {bit.) C'est quelque dieu , je le soupçonne ^ Qu’un peu de bonheur rend jaloux.

Ne souffrons point qu’elle bourdonne , Qu'elle bourdonne autour de nous.

Transformée en mouche hideuse.

Amis , oui , c'est, j’en suis certain ,

La Raison , déité grondeuse ,

Qu^rrite un si joyeux festin.

L’orage approche, le ciel tonne;

Voilà ce que dit son courroux.

Ne souffrons point qu’elle bourdonne, Qu'elle bourdonne autour de nous.

C'est la Raisou qui vient me dire :

a A tou âge ou Vit eu reclus.

■ Ne bois plus tant, cesse de rire (

■ Cesse d’aimet, ne chante plus. •

Ainsi son belTroi toujours sonne Aux lueurs des feux les plus doux.

Ne souffrons point qu'elle 4>ourdotine Qu'elle bourdonne autour de nous.

C’est la Raison : gare à Lisette !

Son dard la menace toujours.

Dieux! il perce la collerettè;

Le sang coule! accourez', Amours !

Amours , poursuivez la félonne ;

Qu'elle expire enfin sous ros coups.

Ne souffrons point qu’elle bourdonne , QuVile bourdonne autour de nous.

Victoire ! amis, elle se noie Dans l'aï que Lise a versé.

Victoire ! et qu'aux mains de la Joie Le sceptre enfin sort replacé.

Un souffle ébranle sa couronne ;

Une mouche nous troublait tous.

Ne craignons plus qu’elle bourdonne , Qu’elle bourdonne autour de nous.

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