‹ Chansons de BérangerChapitre 238 sur 307 · LE U JUILLET · texte numérisé non relu

LE U JUILLET

{ Li roxcB, 1829, )

Aix ; A ioîxani» ant U nt faut pas remettre.

Pour un captif, souvenir plein de charmes!

J'étais bien jeune, on criait : Vengeons-nous!

A la Bastille ! aux armes! vite , aux armes! Marchands, bourgeois, artisanscooraieMtlou8.(Ais. ^ Je vois pâlir et mère et femme et fille;

Le canon gronde aux rappels du tambour. (bi$. Victoire au peuple! il a pris lu Bastille!

Un beau soleil a fêlé ce grand jour,

A fêté ce grand jour, (ftù.)

Enfants, vieillards, riche ou pauvre, on s’embrasse. Les femmes vont redisant mille exploits.

Héros du siège, un soldat bleu qui passe Est applaudi des mains et de la voix.

Le nom du roi frappe alors mon oreille;

De Lafayette on parie avec amour.

La France est libre et ma raison s’éveille.

Un beau soleil a fêté ce grand jour,

A fêté ce grand jour.

Le lendemain un vieillard docte et grave Guida mes pas sur d'immenses débris.

• Mon fils, dit-il, ici d’un peuple esclave

■ Le despotisme étouffait tous les cris.

■ Mais des captifs pour y loger la foule,

• U creusa tant au pied de chaque tour,

■ Qu'au premier clioc le vieux château s’écroule.

■ Dn beau soleil a fêté ce grand jour,

■ A fêté ce grand jour.

■ La Liberté, rebelle antique et sainte ,

■ Mon fils, s’armant des fers de nos aïeux,

■ A son triomphe appelle en cette enceinte «L’Fgulité, qui redescend des cieux.

■ De ces deux sœurs la foudre gronde et brille.

■ ('.'est Mirabeau tonnant contre la cour.

■ Sa voix nous cric : lüncore une Bastille !

■ Un beau soleil a fêlé ce grand jour,

■ A fêté ce grand jour.

■ Où nous semons chaque peuple moissonne.

■ Déjà vingt rois, au bruit de nos débats,

■ Portent, tremblants, la main à leur couronne

■ Et leurs sujets de nous parlent tout bas.

■ Des droits de l'homme, ici , l'ére féconde ■S'ouvre et du globe accomplira le tour.

• Sur ces débris, Dieu crée un nouteau monde «Un beau snleil a fété ce grand jour ,

• A fêlé ce grand jour. •

De ces leçons qu’un TÎeillard m’a données Le souvenir dans mon cœur sommeillait.

Mais je revois, après quarante années,

Sous les verrous , le qualorse juillet.

O Liberté, ma voix, qu’on veut proscrire Redit ta gloire aux murs de ce séjour.

A mes barreaux l’aurore vient sourire »

Un beau soleil fête encor ce grand jour^

Fête encor ce grand jour.

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