Gargantua, ch
jSESV] luK )FARG£ et LA CHANSjQN
Afin que^vous n'en'doutiez pas, je vais vous citor le ;passage àvi £Ht du Jongleur de Èly:, .c'est k ^premiôr^ ¥eraii»i:€oiinue de oejeudethéâtire, st vVQS souvenirs d'enfance vous penneltiront de ^luistater ^ans doute qu-£lle diffère .peu de la udemière^.le texte àssOmhus chinoues.:
SeignourSf es^oHz un petit j,
.Si QriTZ un tâsbon desduit De un menesinl que passa la terxe Pur mervâille etMventune .ifuerre»
Si vint .de sa Lmdre en un prée,
EnconiKa.le roieisa meiMée.
Entmrsùn eel porUi scun taboiar
Depeynide.or e vicke éUour,
Le rai damamd par ammr :
<( A qui esies^mui, sire Joghur? »
Et il Hâpaunt isaunîa^ ,pour :
« Sire, ijù sui ou mon seignour.
— Qui ast taon seigaowr.? fait le roy»
— Le baroun à ma dame, par ma /oy.
— Quiiest ta dame, par. aiMur f ^-^Str£j la dame mon seigmour..
-^^ (Comment esUs-^fOMs ûppellée.?
-*- &rty £omme cely •qm^m'jkskvéc.
'•^'Cesû.qui te leva, quel noutt.iamti
, "^ Hel >com je, sure, tôt éreit.
— -'âûrvûs-iii/ — Je vais là.
— D'oà viens-tu i -—.Je viem Je sa.
— D&nt estes vus! — Sêm gyk^ Sire, ge suiÀe ttastre vile.
— OùiestvastrevUe, dauas jogler\f
— Sire, entour le moster.
— Oà est le moster, bel amif
— Sire^ en la ville de 'Ëfy^
AU Théâtre avant i66a. xxxij
— Ouest Ély, quy sieî?
— Sire, sur l'eve esîiet.
— .Qœ/ £st le €vve appelé, par amour f
— - L'em m l'apele pas, eynzmnt.tQttSJùurs. »
Tomber de ce dialogue d'un ménestrel <arec .un roi dans une farce d'ombres chinoises, la chute est assez lourde certainement ; mais une grande ^partie delà littérature du moyen âgeieut, comme on sait, un destin à peu prés pareil. Qu'est itevenue la grande épopée carlovingÊenn^dés Quatre fils Ay mon ? Après avoir, comme les farces dont je parle, échangé sa forme rimée pour un texte en prose, qui se transforme lui-même à chaque gé- .aération., elle n'est plus depuis longtemps qu'un -UKre de jcolportaee. Et l'Histoire de Pierre de iPraveace et de la beUe Maguelonne ! Son sort n'a .pas été phis brillant; cependiant elle avoit eu tous les honneurs littéraires , et -je pcnscrois .même que ceux du théâtre ne lui avoient pas joanqué. Je suis amené à le crjoire par uneccirizonstance semblable à celle qui m'd fait retrao- »ver tout à PKeure k fri^ment d'un dit de iimjgleur dans une farce de Séraphin.: j'ai rencontré au XVIIe siècle la belle Ma^éicmne et siiin .amant xJiez les Marionnettes! Qr,:camme une décadence implique toujours .très*fiatureUement une ancienne grandeur, j'ai pensé qu^ils^n'étoient .peut-être tombés sur cette scène mi)iuscule que d'un théâtre plus élevé. CiiitUac, dans sa ch- (dfiusecûoiédieidesSoujf/^tfur^, impriniée en 1694, met en scène un montreur de marionnettes qui fait jouer par ses panjdns cette .amoureuse histoire.
xxvîij La Farce et la Chanson
oc C'est , dit cet homme, à qui Chilliac donne le nom de Colinmatras », c'est l'enlèvement de la belle Maguelonne et de Pierre de Provence. Cette histoire est connue, mais personne ne l'a jamais représentée si naturellement aue moi. — Il faut que vous sachiez que, Pierre de Provence ayant ouï raconter merveille de la belle Maguelonne, il chercha l'occasion de la voir, et l'ayant trouvée si belle que rien plus, elle lui donna d'abord dans la visière (il ouvre une botte où sont ses machines^. Voici Pierre qui donne une aubade à sa maîtresse; il fait ciaeher les violons à l'èntour du logis, crainte qu'ils ne soient découverts du père de la belle Maguelonne. Voici comment il jette la bourse à la dame d'honneur de sa maîtresse, afin de la mettre dans ses intérêts. Voilà comment son valet s'engage au service d'un voisin du père de là belle Maguelonne, afin de lui faciliter l'occasion de voir plus souvent sa maîtresse, etc. »
Resteroit à trouver la pièce plus sérieuse d'où cette explication pour la montre des marionnettes a pu être tirée, à moiijs, ce qui est aussi très-probable, que cette pièce n'ait pas existé, et que l'homme à la curiosité n'ait tout simplement, pour se faire un texte, analysé le roman à sa manière. C'est à peu près ce que faisoientles joueurs de marionnettes en Espagne, ainsi que nous le voyons par le chapitre du Don Quichotte^ où le héros de la Manche livre une si grotesque bataille; c'est même encore ce qu'ils font tous les jours : les poupées agissent tant
i. Les Souffleurs, acte i, scènes 20 et 31.