‹ Chansons de Gaultier Garguille [pseud]Chapitre 128 sur 137 · Ce sont deux des pièces qui précèdent · texte numérisé non relu

Ce sont deux des pièces qui précèdent

Appendice. 197

reste aux pauvres plaideurs et misérables clercs du Palais, quy sont descheus depuis peu du privilège de la basoche * pour leur comédie du mardy gras.

» En un mot, ce testament est bastard, et voicy le légitime, qu'on pourra cognoistre par ciiiq ou six clauses, comme on cognoist les bordels aux enseignes de toubac et de collets d'empezeuses.

» La première est au profit de la belle Vaillot , quy m'a toujours fait Phonneur de me donner place dans la loge treillisée de ses bonnes grâces >,

1 . U s'agit ici certainement de la représentation que le Prince des Sots et tous les suppôts de la Sottise avoient le droit de donner à l'hôtel de Bourgogne le jour du mardi gras. C'étoit, comme il est dit ici, un privilège de la Basoche, car le prince des Sots n'en avoit joui qu'en vertu d'un échange fait avec les Basochiens : ceux-ci lui avoient permis de jouer des farces, à la condition qu'eux-mêmes pourroient jouer des sotties, ( Ch. Magnin, Jour/i. des savants, mai 1858, p. 266,) Les comédiens de l'hôtel de Bourgogne, pour qui cet antique privilège étoit une servitude annuelle, voulurent s'y soustraire; de là un procès, dont le gain fut pour Angoulevent, prince des Sots. (Voy. Variétés histor. etlitt., t. 7, p. 37, note.) Quand il fut mort, toutefois, personne n'eut la survivance de son droit. En 161 2, le titre de prince des Sots et les prérogatives qui en dépendoient étoient passés au rang des choses tombées en désuétude. (Voy. les frères Parfaict, Hist. du théât, franc,, t. 3, p. 251. ) C'est ce qui explique ce qu'on lit ici. Ce pauvre Angoulevent avoit eu maille à partir avec tout le monde, même avec ses confrères de la Sottise, Madou PouUet, Nicolas Arnaut,etc., qui luicontestoient son titre de prince et d*archi-sot. De plus, on lui avoit fait une foule d'avanies au sujet de son aventure avec une barbière, et de la verte fustigation qui en -avoit été le dénoûment. Un confrère en bouffonnerie , Varchi-poëte des Pois pilez, avoit été le premier à en faire le sujet d'une satire. ( Variétés hist. et liît., t. 7, p. 81. Voy. aussi Réponse de Maistre Guillaume au soldat françois, à la suite du Baron de Faneste, édit. Le Duchat , p. 399.)

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