Sur ces farceurs , voyez notes des pièces précédentes
4. C'étoient de fameux faiseurs d'almanachs ae ce temps-là . voyez sur eux les Véiriitis kisîor. etlitiêr,, t. 2, p. 211. — Ce Pierre de Larrivcy n'est pas Fauteur comique dontnouT; aivons parlé dans l'introduction, mais son neveu; il ne^fit' que des alraanachs, « et Troyes, dit Grosley, lui dut en partie la vogue des siens. » ( Œuvres iniditeSy t. i, 19.)
204 Appendice.
leurs crimes passés sur le bord du fleuve, et quy sont estonnez tous deux comme des fondeurs de cloches de ne voir plus en ce pays de par de là de soleil, de lune, ny d'estoilles. Le bruit est sur la rive du Styx Qu'ils sont là retenus pour avoir fait l'horoscope de mademoiselle du Boulay et presdict quantité de fausses eclypses et malheurs, et de n'avoir sceu prédire à plusieurs jeunes hommes les véritables esclyçses d'argent dans leurs bourses, causées par le trme aspect de Venus au vingt-cinquième degré de l'ascendant, ny leur mort, ny la mort de tant de lapins, de poulets des Indes, perdrix et bécasses, en ces jours gras.
» Tout ce que j'ay peu entendre de la dispute de ces deux pauvres mathématiciens touchant l'opinion de Copernic et de Galiley, quy tiennent que la terre se remue, c'est qu'ils le nioient absolument-^ encores que leur marmite eust esté souvent renversée en ce çays-cy. Car, disoit Jean Petit , comme les Trois-Maillets, la Grosse Tester la Pomme de Pin, auroient-ils toujours esté en leur place, si la terre se remuoit ? Cela soit dict pour la consolation; après quoy je l'asseure qu'ils ont eu beaucoup de honte de me voir si près d'eux : c'est pourquoy ils se sont vistement cachez dans la troupe chetive des faiseurs d'horoscopes et diseurs de bonne advanture, où je les ay perdus de veue.
» Une autre preuve bien forte que ceste ren-
I . On lit dans les Visions du Pèlerin du Parnasse, que ce cabaret se trouvoit aux environs du Palais, et ce ijourroit être par conséquent le même que celui de la Tite noire, qui se voyoit en effet de ce côté. Voyez notre Histoire des hôtelleries et cabarets, t. 2, p. 302.
... jL.
Appendice. 205
contre n'est que l'imagination de quelque esprit bourru, c'est qu'on ne parle en ce pays ny delà reformation des passemens, ny si doresnavant les dames porteront plus de trois mouches sur le visage ', aux dépens des vieux haults de chausse de velours et de satin de leurs maris, ou si elles auront longtemps le dos descouvert comme la gorge; car toutes ces choses ne sont point du ressort des Champs-Elysées.
» Où je te diray bien en passant qu'on void comme par trochets de troupes de jeunes filles quy sont mortes de rire à la comédie, entre lesquelles il y en a deux ou trois qui t'accusent de leur mort, pour y estre venues une fois seuUement et avoir ouy la moindre de tes extravagances. Et de toutes en gênerai le nombre est si grand qu'on ne peut presque les loger ; et comme elles sont mortes en riant, elles ont encore la bouche fendue jusques aux oreilles, quy est une chose fort plaisante à voir, tesmoing Momus et Rabelais, quy en font leurs choux gras et se crèvent de rire là auprès.
» En un autre costé de la ri'.-e se voient qu'elques femmes quy sont déjà mortes de regret pour la reformation des passemens, à ce qu'on
f)eut préjuger; car on les voit encore toutes fiiir a rive du fleuve , craignant d'y voir dans ses eaux , comme en la trensparence des glaces de la foire de Sainct-Germain, la honte de leurs collets, encore qu'elles n'en ayent point; mais
I. Les mouches commençoient d'être fort à la mode, et le furent longtemps. Seulement, même dès l'origine, on en vouloit plus de trois. Voyez les Variétés histor. et liitir., t. 7, p. 9 et suiv.
I i*iii ^
2o6 Appendice.
c'fist .ua eifect de leur imaginatk>ii grotesque quy ne les .peut encore quitter, si.au pcéalabk eues ïi'&nt beu une gorgée du Heuve d'Oubly.
^).£n un autre câ&té sont les Anglois, Ailelaands , ambitieux , preneurs de tabac ' et.id£himîstes^ quy sont dans un mesme lieucomoke gens fpiy &e .repaissent tous.de iamée.
» En un autre.canton, àl'ombre d'un petitbois, se voient pesleroiesle un petit nombre jd'bofrnesle&femmesavec des filles de joye; caroomme on ne les a point ilistinguées d'habits dans rk jBonde^., Plutoa veut et entend qu'elles n'en soient point séparées en ces agréables demeures.
1. Alors 11 n'y a voit guère que les Allemands , les Anglôis tm 'Hollandois que Pon • vh fumer en France d*une façon tm jfeu. copiense let habimeUe.Quaad isan de Wert fut amené jpiisoniiier à ViBcennas.,en 16.^ ce qui surprit .surtout âi lui, ce sont ses habitudes d'intrépide fumeur. Dans une carixature du temps, on ne trouva rien de mieux pour caracté- Titer les habttans des "Pays-^Bas que de les symboliser sons •it figure d*une grenouiUe fumant une-pipe. Aujfxnti'huique l'jisage du tabac n'est que trop universel, Jin pareil attribut ne caractériseroit aucun peuple (Vqy. le Musée de la caricature, 32* livraison). Les gens de Phôtel de Bourgogne,
-oonmie s'ils avoient prévu aue c'était ià une innovation hos-
rtile JXL théâtre, avoient déjà lâché leur lacdûn. contre. les preneurs de tabac. Dans leur curieuse annonce, VOuyerturt des jours gras, ou l'Entretien du camtrval, ils mettent cette
luftitude parmi les «apanages de la fcfie. » {Vdmttés hist, "it
iUttér., t. 2, p. $48.)
2. Ceci est un regret fort sensé pour l'ancien usa^e, en vertu duquel on exigeoit que les femmes de mauvaise vie
'portassent des habits différais de ceux des honnêtes femmes. Pendant mat le moyen^âge, ceite sage coatame, pmcdlie par des ordonnances royales, avoit été observée. Ainsi en J44£ , « sur la fin de may, fut crié parmi Paris que les ri-
Jaaudes ne porteroient :plus de ceinture d'argent, ne cokt reversis., ne pennes de gris en leurs robes, ne de menu ver, et qu'ils allassent demourer es lieux ordonnez. » {Jour-^
APPENJlIXdE. a07
^> Pour des notaires, sergens et recors, je n'ai ay veu aulcun, car ils. faut croire qu'ils n'hâbilent point les Champs-Elysées, où sont les âmes tnenheureuses , mais qu'ils doivent estre toui^ mentez avec les Sisiphes et les Ixions «Uns Je Tartare.
»De te dire où est l'appartemi^u des cornéiUens, |e n'en sçay rien, veu que je n'y suis pas encore allé; mais je m'imagine qu'ils sont lo^eE bien près des vendeurs de mitaridat, des vick Jobs '., des filles de joye et des musiciens, dans ime place grande comme penlt estre la place .Dauphine ou le Pon^l^euf ; <car ces sortes de asns ont tous une atesme ved»L,.cont£aire à .celle des oygnons.
» Sur quoy je désire bien t'advertir que ce qujr est couché <hins ces fauxces révélations dertnières touchant les Jionneurs que reçoivent les comédiens en ce pays-là est vray en un sens et iaux en l'autre; car pour ceux de nostre troupe royalle, ils n'y sont pas très-bien recueillis, d'au- .tant qu'ils reçoivent 4ous ks honneurs ^lossibles dès .ce monde cy et les x:ares&es des gsapàâ.
ndl du roi Charles VII ^ l la soite de V Histoire de Charles VI, par Jean Juvénal des Ursins , édit. de Denis Godefroy, m-^l., p. )|6.) En Espagne on les forçoit d'aller en rove coune {Homancero CasteUaao , Itxpngy 18^44, t. 1, p. 92). Peu â peu ces sages prescriptions tombèrent en désuétude; d'autres lois plus complaisantes les remplacèrent. Ainsi , en 1694 , on ne contraignit même plus 3es 6Ues de joie d'habiter (des rues particulières; tous prétexte que leur métier n'jen étoit pas un , on leur permit de Texercer partout.
I . Les violons comptoienl^ alors en effet dans la classe des gens peu rccosunandabL^ avec lesquels on les aÀiionà m. Vojez à ce mot \t Dictioanaire d'argot de M..Er«icis- .que Michel.
2o8 Appendice.
Pour ceux du tripot de la Fontaine, comme il semble qu'ils ne soient bastis que pour resjouir ceux guy rient pour rien et jouer des farces devant des ombres , il est très-vray de dire qu'ils sont très-achalandez en ce pays, et qu'ils vont boire quelques fois au cabaret avec Alexandre. Mais, cher amy, ne leur envie point ceste faveur, car ta phisionomie seule vaut mieux, sans parler, que toutes leurs farces et comédies. Et puisqu'ils ne sont ny honorez ny estimez en ce monde cy, il y a quelque raison et apparence qu'ils le doivent estre en l'autre. Tout ce quy me retardera de passer en cest agréable demeure, c'est qu'il me faut expier la faulte que j'ay faicte de n'avoir monstre le secret de mon art à personne.
» Car, auoy que Guillot Gorju fût le plus prochain et habile en ligne colatérale, suivant et conformément les aphorismes d'Hipocratte, et qu'il fasse le mieux qu'il peut , j'ay ouit un bruict que plusieurs ont dict desjà : encore n'estoit-il que le defùnct, et qu'il ne me ressemble que d'habit ; car on a beau dire, il faut que cela vienne de père en fils. Croy moy que ce n'est pas comme aux Menechmes de Plaute , où il y a deux semblables; car la nature n'a pu faire qu'un Gaultier Garguille depuis que le monde est monde, non plus qu'elle ne fera jamais un fariné quy te ressemble, quoy qu'on puisse alléguer de Goguelu ', qui veut acheter ta survivance. En un
I . Je ne sais quel est ce Goguelu, dont il sera encore parlé dans la pièce suivante, comme aspirant à remplacer Gros- Guillaume. Je connois seulement une gravur'* au temps qui sembleroit le représenter dans une des scènes qu'il jouoit au
Appendice. 209
mot, ceux quy seront si efFrontez de dire que ce Lionnois me ressemble en gestes et haults faits, c'est comme s'ils prenoient leurs nez pour leurs fesses. Et quy en voudra chercher d'aultres que nous, il aura autant de peine à nous trouver que ceux quy cherchent la pierre philosophale.
» Cher amy, je ne te dy point cecy pour offenser la comédie ny nostre amoureuse conm-égation. Au contraire', si ces paroles, que je dis par la permission de Proserpine, sont veues en public, fera aux sérieux qu'ils quitteront leurs plus tressantes affaires pour venir prendre place de onne heure à l'hostel de Bourgongne et jouir du bien de te voir tandis que l'ame te bat dans
théâtre. Il est figuré avec un costume de comédien : le pantalon, le manteau flottant , le serre^téte sur ses cheveux ras, la moustache, etc. Il tient à la main un plat couvert, d'où s'échappe le manche d'un gigot , et que surmonte un pain rond. Il a sur le dos une hotte où se trouve entassée toute I sa famille , femme , enfans , chien et chat. Ou va-t-il P Sou-
r per chez des amis, en pick-nique, ou plutôt en salmigondis,
^ comme on disoit alors, et il compte bien que les autres amè-
neront moms de convives et apporteront part plus grande I que la sienne. Les vers placés au bas de l'image ne laissent
' pas ignorer ses intentions d'écornifleur :
I Est-il rien de plus résolu ,
I Ni d'une humeur plus incivile,
, Que ce monsieur Le Goguelu,
AÎbrs qu'il va souper en ville ?
A moins que d'être téméraire ,
Ou goinfre de même que luy,
Il est impossible de faire
Ce qu'il fait au logis d'autruy ;
Car cet escomifleur infâme ,
Sous ombre d'y porter son plat ,
Y porte jusques à sa femme.
Ses enfans, son chien et son chat,
Gaultier Garguille, 14
210 Appendice.
le. corps, et au lieu de deux testons en donner rost SIX.
» De plus, je t'asseure que quand tu tomberois de vieillesse comme le chasteau de Bisestre^.tu ne verras jamais revenir ce tanps où on ne doonoit qu'un sol au parterre et deux aux galleries; car à moins d'estre basteleurs on ne peuk faire cela.
» Quand tu n'estimerois point la comédie pour le proSt ouy en vient, tu devrois estimer sa n^ Ûesse et ta mienne, encore que j'aye vescu &ï franc bourgeois ^
SX Ta sçays que nous avions aux champs mu c^ lombier à pied et à cheval ^ , qu'il y a une porte cochère à Thostel de Bourgongne ; que toutes les femmes quy ont l'honneur de jouer la comér» (fie sont demoiselles r, que tu as fait depuis peu
1. Tallemant convient aussi que Gaultier Garguille menoit. une vie on ne peut plus bourgeoise. 11 u'y avoit qœ TUilupin, dit-il, qui «renchérit sur la modestie de ses habit»* des, » Il passoit de longues heures dans Tétude de ses r6ka. «U étudioit son métier assez souvent, dit encore Tallenittit (t» 10, p. 40-41), et il arrivoit quelquef(»s que comme un homme de qualité, (^ui Paffectionnoit, Fenvoyoit piiec à dber, il répondoit qu'il étudioit. »
2. C'est sans doute la petite maison de la porte Montmartre dont il est parlé dans une des pièces précédentes.
3. Les filles nobles avoient seules le droit de s'appeler ainsi; aussi étoit^ce à qui des bourgeoises s'arrogeroit cette qualité (Voy. Caquets de l'accoudtée^ p. 105). Les comédiennes^ bien entendu, n'étoiem pas les dérmères dans cette usurpation. Il est vrai que jouer la comédie n'étoit point déroger à noblene. Floridor, qui étoit gemilhomme, et vouloit en conserver le droit, bien qu'il se fût mis au théâtre, soutint cette thèse contre les commissaires généraux qui le poursuivoient comme usurpateur de noblesse, et eut gain de cause par un arrêt du conseil d'État du roi , rendu
Appendice. 2ir
acquisition d'un petit cheval pour ne plus aller à [Hcd ; G(ue nous n'ayons que des noms de sei* gneurenes ou de choses les plus agréables dans la nature , comme de Prez, de Fontayne, et de Fleurs; en un mot, que nous ne tenons point de boutique.
» Continue, cher amy, si ce n'est que tu veuiUes' te retirer ainsy que Medor, estimant toujours la comédie que pas un siècle n'a condamnée, que les plus critiques et hypocondriaques ne sçau-* roient desaprouver, et que les philosophes ont appelée le tableau des actions humaines, le seî cfe la vie, et l'object des yoluptez plus inncK centeS'.
» Sçaches, si tu ne le sçay; déjà, que la corné» die est bonne en soy ; que si elle est mauvaise, ce n'est que par accident, c'est à dire quand il entre plusieurs passe volans >, escrocs et filous dans l'hostel de Bourgongne sans payer, si ce n'est de petites raisons ou de grosses mjures; et alors croy moy que la comédie est fort mauvaise et préjudiciable.
» Adieu , je te recommande surtout ma chère femme, que )'ay si cfaastement aymée ; prends-en le soin, et deraeurestoujours avec elle en mesme logis et en mesme chambre*, s'il se peut sans
en 1668, et dont Boucher d'Argis a donné la teneur. {Variétés hisfor,^ phys. et littér.. t. i, 2* partie, p. 59^.)
1. Soldats de hasard, à Paide desauels, les jours de revue, les capitaines combloient les vides de leurs compagnies.
2. ce nouveau détail sur IMntimité qui régnoit entre le ména^ de Gaultier Garguille et celui de Gros-Guillaume étoit ignoré, comme la plupart de ceux qui sont contenus dans cette pièce, vraiment précieuse. La femme de Gaultier, qui étoit fille de Tabarin, mais qui, malgré l'exemple de son
scandale ; fais cas de son amitié plus que de dix mille patagons, voire de mille millions de quart d'escus quand ils vaudroient vingt sols dès à présent, et ne troubles de tes pleurs le repos de mes cendres, prenant pour consolation qu'après tout, ce monde, en gros et en détail, n'est cju'urie vraie comédie. Adieu, mon privilège expire et l'heure me presse de me retirer d'où je viens. N'oublies de faire imprimer ces paroles. »
Cefantosme estant disparu, le gros Guillaume, quy ne songe volontiers en ce temps que de vin et de bouteilles, s'estant esveillé en sursaut, se trouva avec une sueur froide et saisy d'une grande frayeur, qui luy feit dire en tremblant à sa femme, quy n'avoit rien veu ny entendu :
Sic ille manus, sic oraferebat;
Qu'il ne se trompoit point, et qu'il avoit veu son cher Gaultier en chair et en os, avec sa calotte, ses manches rouges et tout son attirail comique.
C'est pourc[uoi, Messieurs, le gros Guillaume, quy n'a jamais pleuré ny fait pleurer le monde, SI ce n'est à force de rire, estant revenu de son efFroy et voyant que son amy estoit sorty exprès des Champs-Elysées pour luy dire des choses si importantes, pour ne frustrer ses intentions et
père et de son mari, ne semble pas être jamais montée sur le théâtre, quitta bientôt Paris pour la Normandie, où Gaultier avoitpeut-étrequel(^uebien, et elle y épousa, diton, un gentilhomme. Ce mariage fait le sujet d'une nouvelle charmante et d'une verdeur toute archaïque, due à la plume, devenue plus sérieuse, mais restée tout aussi spirituelle , de M. Ph. de Chenevière. Voyez ses Historiettes baguenaudières, Caen, 184J, in-8.
Appendice. 21}
recognoistre ces grands services rendus à la comédie, il a voulu faire imprimer ces paroles aux despens du public, avec aes caractères quy vous pourront mesme charmer. Elles ne vous cousteront maintenant que l'achapt, encore n'est-ce pas trop, veu qu'à luy il luy en a cousté une sueur froide et un bon rheume à sa femme. On ne vous les vend pourtant qu'à la charge que vous en ferez part aux dames; que si elles ont chery le corps (Jurant son vivant, elles seront suppliées de faire encore quelques caresses à son ombre après sa mort, quy les fera plus jouir, je m'asseure, que sa ressemblance à l'hostel de Bourgongne , quand elles auroient une ame de fme roche et plus dure que les diamants qu'elles ont dans les cheveux, une enclume au lieu de cœur et de rate dans l'estomach, ou quelques dents de manque dans la bouche.
Fin.