A PARIS, CHEZ JAN MARTIN
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ar devant maîstre Jaaueiin Fhpesausse et Berthelot Rîflanaouille , protonotaires, commis à passer tous les testamens des acteurs de l'élite royalle qui
.1. Cette pièce, comme la plupart des précédentes, se trouve dans le recueil des Joyeusetez de Techener. Elle int faite, après la mort deGrosHGaillaume, qui suivit d'assez près celle de Gaultier Garguiile, mais qui ne la précéda pas, comme beaucoup Pont prétendu, notamment Sauvai, Ifls frères ParCaia et Boucher d'Arsis. Voici le conte que répète celui-ci : a II (Gros-Guillaume; eut la bardiesse de contrefaire un magistrat par un tic à la bouche, et trop bien, car i)uelques jours après ils furent tous trois décrètes ; Gaultier et Turlupin prirent la fiiite, Gros-^uiilaume fiit mis au cachot. A quelque temps de là Gro»-Guillaume tomba malade de saisissement; il n'y put survivre, et la douleur de sa
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vont de vie à trépas, pour les enregistrer dans les archives de l'hostel deBour^ongne» , fut présent en sa personne le gros Guillaume, Dodelu ^ l'Enfariné, premier farceur de la comédie françoise, autheur de la resjouissance publique depuis quarante ans, et serviteur iîaelle et sans reproche de feu l'admirable et inimitable Gautier Garguille.
Iceluy Gros Guillaume ayant appris par la vicissitude des temps et des saisons, et que toutes choses ne sont nées que pour mourir, et ayant remarqué par la guerre qui s'est esmeue depuis quelques jours en ses intestins, qui cause un divorce universel en toutes ses parties corporelles,
mort emporta ses deux camarades dans la même semaine.» (Boucher d'Argis , Variétés histor., phys, et littéraires , t. i , 2* partie, p. 523.) Or, on a vu de reste que c'est Gaultier Garguille qui mourut le premier, en décembre 1633. Gros- Guillaume, comme la date de cette pièce-ci l'indique, mourut en 1634, mais non pas dans les premiers mois, puisque la pièce ayant pour titre : l*Oityerture des jours gras , 1634, in-i 2 , ne le donne pas encore pour trépassé (Voy. nos Variétés , t. 2, p. 34j). Tout cela, malheureusement, ne précise pas la date de sa mort. Piganiol Pa cherchée comme housf mais il dit n'avoir rien trouvé à ce sujet, ni à Saint- Sauveur ni ailleurs (Description de Paris, t. 3, p. 387). Quant à Turlupin, j'ai dît plus haut qu'il me sembloit qu'il n^toit mort qu'en 16J7.
1. Riflandouille, dont on fait ici un notaice de fantaisie , figure comme capitaine dans l'étrange pièce de Sigongne, le Ballet de Quolibet, etc. (1627, in-^), et comme valet dans la Lettre d*écomiflerie, pièce reproduite dans le quatrième volume des Variétés histor. et littér., p. 53-
2. Il faut lire Goguelu; c'étoit sans doute un des rôles que jouoit Gros Guillaume : de là pour lui une sorte de troisième surnom. Celui qui aspiroit à sa survivance voulut le prendre. Voy. p. 208, et, sur le mot Goguelu, les Œuvres de Coquillart, édit. Ch. d'Héricault, t. 2, p. 287.
Appendice. 217
au'il feut de nécessité qu'il fasse un voyage en l'autre monde, quelque delay de cinquante ans qu'il ayt demandé au Destin avant que d'y aller, à l'exemple et imitation de son defiunt bon maistre Gautier Garguille , de sa propre et de sa franche volonté, sans induction ne suggestion de personne, a voulu faire son testament à la manière qui ensuit :
Premièrement, ledit Gros-Guillaume mourant désire que ses os fassent compagnie à ceux-là de Gautier Garguille.
Il donne sa farine à toutes les garces de Paris pour en faire un innocent fard à leurs visages, Qu'elles ont accoutumé de plastrer de mille sortes 'ingrediens qui rendent leurs teints aussy doux et polys comme la peau d'un pourceau brusié ^
Il donne son authentique charge et pouvoir absolu de faire rire à celuy qui , de la troupe royalle, aura le plus d'esprit à imiter ses rencontres et naïves extravagances, pour faire espanouir les rates opilées, à force de rire.
Il donne son scientifique et authentique bon-
i« U pottiToit faire le même legs aux dames d*à présent. Gros- Guillaume ne portoit pas de masque, comme Gaultier et Turlupin ; mais il s'enfarinoit le visage à la façon de Jean-Farine f qui a voit dû son surnom à cet usage , et suivant la tradition des anciens badins françois, dont parle Montaigne fliv. 3, chap. 10). Cette mode venoit des piston, qui cumuloient dans quelques villes du midi remploi de boulanger avec celui de farceurs , et dont notre mot pitre semble rappeler le nom (Voy. Roquefort , Glossaire de la langue romane, t. 2, p. 358). Sauvai parle de la farine dont Gros-Guillaume se couvroit le visage : ce U la ménageoit de sorte, dit-il , qu'en remuant seulement un peu les lèvres, il blanchissoit tout d'un coup ceux qui lui parloient.» {Antiquités de Paris, t. 3, p. 38.)
2i8 Appendice.
nefrouge aux esprits tnalades, afin de les lEÔce xsrenir en leur bon sens.
Il donne sa casaque volante au phis iioinaie de bien de meusnîer qui soit hors des portes de Paris, pour en faire des voiles < , afin que tous les vents qui ont autrefois soufflé dans son haut de chausses s'aillent rendre aux ailes de ce moulin pour en faire un mouvenient perpétnel.
Il donne au public sa sainture tissue de la phis admirable façon qu'ignorant inventa jamais, afin d'en lier le bonheur, et qu'il ne sorte jamais de Paris.
Il donne son coutelas -au capitaine Fracass^^^
fxnir s'en servir à tous les duels qu'il entreprendra DNitre les mouches qui le piqueront sur le théâtre.
Il donne sou haut de chausses à ceiuy qui aura les plus grosses fesses pour le remplir.
Et afin que tous ses confrères ne s'offement pas de ce qu'il a^phis légué aux«autres qu'aveux, ilieur donne , tant en général qu'en psnticuiier, son esprit, sa ravissante mine , tous ses gestes et' sa beUe disposition.
Ce fut fait et passé par nous Jaquelin Fripesansse et Bertheiot Rif^ndouUte , proton6ftaires susdits , le dixième jour devant la naissance des mois, et pour tesmoins ceux qui n'ont jamais esté.
.1. Gros-Guillaume étoit vêtu de toile bUuicke, comme Taharin. Voyez, dans les Œuvres de Tabaria, édii. elzevir-, t.^, p. 409, le Procez, plainte et ififormaiioii:diim moulin à vint de la porte Saint-Anthouu œrUuM sieur Taboin^ touchant son habit de toUle neufve, etc.
^. Voyez, sur ce peisaniiage, Uune .des pièces ,pt£cé-dentes.
Fin.
LA RENCONTRE
DU GROS GUILLAUME
ET DE GAULTIER GARGUILLE