AUX RÉVÉLATIONS FANTASTIQUES DE MAISTRE GUILLAUME
n dît que le poëte Theon itianioit sa I langue à tour et à travers , et que Médius, flateur d'Alexandre, conseîUoit de semer les calomnies à toutes mains, d'autant que, si la playe guérit, la cicatrice y demeure.
I . Cette pièce répond , en effet, à une antre, dont voici le titre : Rèy Hâtions de Maistre Guillaume estant une nuit au grand couvent des Cordeliers de Paris y in-S. La pièce qui attaquoit ayant été mise sous le nom d'un personnage, on crut devoir faire endosser la réponse paruntype du même genre. Elles sont Puneet l'autre de Tannée 1622, et ont traita la querelle agitée cette année-là dans le couvent des grands Cordeliers de Paris au sujet de certaines réformes que le P. Bénigne de Gènes , général de Tordre de Saint-François, vouloit y introduire. Maître Guillaume tient pour la réforme; Gautier Garguille, qu'on n'attendoit pas en cette affaire, tient pour tes Corde-
244 Appendice.
Ouy dea , Maistre fol , vous l'avez fait à dessein ; il falloit que les Cordeliers passassent par vostre langue mesdisante, et que vous sallissiez leur bonne renommée dans les ordures infâmes de vos calommies. Mousche guespe, qui ne sers qu'à piquer! Frelon inutile, qui ne sers qu'à manger! Maudite vermine, qui ronge le bois dont tu as pris naissance!
Va^ mesdisant, n'estois-tu pas assés fol sans prendre le nom de Maistre Guillaume ? Pensois-tu
Sue soubs ce voile on ne peut appercevoir ton ont de juif, ta bouche relante, tes yeux de porc, et le cris d'un magot d'avec le parler d'Alexandre? Bouffon sans cervelle, aux Antycires, aux Antycires , pour y cueillir de l'hellébore ! Aux Ardennes, pour y estre fouetté ! C'est ce qui faut Maistre Guillaume ; çà, qu'on le fouette, et qu'il ne parle plus indignement et avec railleries de l'honneur des gens de bien. Mais que peut Marsias contre Apollon ?
C'est assez que Maistre Guillaume face parler de luy à la façon d'Erostrate , qui mit le feu au temple d'Ephèse pour éterniser son nom. Mais, sacrilège , devois-tu usurper la bouche d'Alexandre de Haies, un si vénérable docteur, pour luy faire vomir la rage de ta mesdisance » r Est-ce
liers. Ce sont ceux-ci qui l'emportèrent. Après une longue lutte , dont les plus vives péripéties eurent lieu au mois de février, et qu'on trouve racontée dans le Mtnure français ^ t. 8, p. 504, le P. Bénigne abandonna la partie. Il ne ptit mettre en vigueur dans le couvent de Paris les statuts qu'il avoit rapportés de Barcelonne , et dont les principaux ordonnoient la nudité des pieds, et dèfendoient les troncs dans les églises de l'ordre.