I. Ch. Magnin, Hist, des marionnettes, p
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qa?èn est-il'resté encore une fois ? Presque riem li est vrai que la plupart du tiMnps on ne pre-^ noit pas la peine de faire imprimer ces choses éphémères, créées à la diable, écloses pour le nre d'un< jour et destinées à mourir après^ Quand il &■ agissoit de représenter la pièce composée par quelqu'un de la bande, le chef apportoit aux confrères un grand rouleau deparchemin sur' le** quel étoient pdntsles différens personnages^ chacun mettoit son nom au^essous de celui qui lui' sembloit devoir convenir le mieux à sa figure, à^ son organe » ; car en ces âges naïfs omieparloit pas encore du talent. Le cahier sur lèqud étoit écrit le rôle lui étoit remis, et soyez sûr qu'an jour manqué il le sa voit,, et ne l'oublioit plus. A* quoi bon alors faire imprimer la pièce? Elle n^ét(»t pas, comme celles d'aujourd'hui, destinée à courir le monde, à devenir la joie ou l'ennui desr provinces, après avoir fait bâiller ou diverti Pû^ ris* ê'étoit un fruit du sol, il devoit j rester attaché, et par conséquent il étoit inutile de se" mettreen frais pour le faire Gonnokne au-ddft' 'espaœ oui il étoit né, où il devoit mourin.
Si' là pièce méritoitdfe survivre à la folle journée qui l'avoit vue éclore ; si même, après avoir amusé Iespôres> elle étoit trouvée digne d'amu*ser les^fils, la mémoire suffisoit pour la-Mne' aiTÎver d'une génération à une autre. Ce genre de- transmission étoit sans doute fort incomplet^ \ erpea fidèle , les copies et. les impressions qui' ^ifurent faites enfin nous en sont une preuve ;• pais; d'un autre côté, ce qu'elles ont de défeo*-
'. I. Voy., dans Mémoires de Miraulmont, un arrêt du Parlement du 14 juillet 1548, rapporté au chapitre du Roy de là,basoche.
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taeux est un argument en notre faveur r dto textes ne peuvent être aussi mauvais que lorsque la mémoire en a été longtemps l'unique déposi^ taire. Jusqu'au commencement du XVIIe siècle, on ne s'en confia qu^à elle seule le plus souvent, et de là vient que tant de pièces, même de cette époque, ont été perdues. Hardy en avoit dit-on / fait nuit cents * ; or, c'est à peine s'il en a survécuquarante, et en quel état encore, avec quel' texte»!' Il est à peu près certain que la plupart de celles qui restent ne nous sont parvenues que d'après de déplorables copies , qui furent sam^ doute prises au toI pendant une représentartioff par quelque acteur appartenant à une troupe ri^ . i vale de celle dont Hardy étoit le poëte à gages^r. \ Une pièce alors, du moment qu'elle avoit été | jouée, devenant la propriété de tout le monde ♦, | on comprend que les comédiens fussent ardens^à / se Ésdre de pareils larcins, et que d'un^autre cteé- | les auteurs^ de théâtre eussent mténèt à< ne Irâser â courir aucune copie de leurs œuvres* et surtoat { à ne parles impnmer. l
Molière luinnême en étoit là'. C'est nralgré Irô, | par exemple, et seulement parce que des copies / défectueuses en couroient déjà, qu'il prit le pard> ;; de publier sa comédie des Précieuses et ensuite» (. / cdledu Cocu imaginaire. Pourcdle-ci , un cer-- \ )k^
K. Scndèry^ la ComidU des comédiens , 1635, iii-8, p. af ..
2.. Voy.,. à ce. sujet, quelques noies da (UUalogi/ieL Sorleiime, t. i, p. 201, n«« 958, 961.
j. Voy., à ce sujet, le Page disgracié de Tristan l'Hernftte, ch. 9^, et la C/<f, à la un de Pouvrage.
4i VoTf: les excellents articles^ de M. Taschereau sur la^ troupe de Molière, feuilletoiis de YOrdn dn vr décembre i8j|9 au II mai 1850, pas^im\ et Guizot^ CometUeet smf UmpSy 1852, in-8, p. 137, note.
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tain M. de Neufvilaine, obéissant à l'usage, et rien ne lui en contestant le droit, puisque la propriété littéraire n'étoit pas encore inventée, s'étoit cru permis de saisir le texte au passage, pendant la représentation, et de le faire imprimer de mémoire ' .
L'audace étoit grande; mais Molière ne se fâcha point : il connoissoit la coutume. D'ailleurs, de la part de M. de Neufvilaine, qui , n'étant pas comédien, ne pouvoit pouf son compte tirer parti delà pièce imprimée, c'étoit pour ainsi dire une générosité gratuite ; il n'avoit dû agir ainsi que par amour de l'art, et non pour le profit : les pièces de théâtre étoient une si mauvaise marchandise, ou, pour parler comme le libraire Martin Collet , dans l'avertissement de la pastorale de PhilirUf ou PÀmour contraire, cfxi se vendoit chez lui en 1630, « il se trouvoit si peu de per-
; sonnes qui eussent la curiosité d'en acheter ! >)
i Vous voyez par tout cela que, si beaucoup de pièces dramatiques furent composées depuis le
■ moyen âge jusqu'au temps de Molière, peu, selon moi, durent êtreimprimées. Ufalloitpour qu'on se décidât à les livrer à l'impression un motif particulier : un intérêt religieux, comme pour la plupart
; des Mystères, qui, malgré leur longueur, semblent presque toujours avoir été publia de préférence aux larces, même les plus couhes; un intérêt moral, comme pour les moralités, telles que celle d'une pauvre fille villageoise...; faicte à la louange
I. L'édition du Malade imaginaire donnée en 1674 chez Daniel Elzevier est dans le même cas : Péditeur déclare dans l'avertissement ne devoir sa copie de la pièce « qu'à un effort de la mémoire d'une personne qui en a vu plusieurs représentations. »
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et honneur des chastes et honnestes filles ; enfin un but politique, comme pour les ouvrages de Gringore, par exemple, dont il se pourrait que Louis XII, voulant agir sur l'opinion publique, se fût fait un utile instrument». Une moralité rarissime que possédoit M. de Soleinne*,et dont l'esprit servoitles idées de Louis XII contre l'Italie, étoit aussi dans les mêmes conditions ; en voici le titre : Le Jardin de Jennes (Gênes), avecques la plainte de Religion et le soûlas de Labeur j composé nouvellement à Thonneur du Roy très-chrestien notre sire le Roy de France, et de son Royaulme,
Quelquefois l'auteur d'une pièce, s'il étoit riche, comme Jean Parmentier, bourgeois de Dieppe, qui composa la Moralité très-excellente à l'honneur de la glorieuse Assomption, se donnoit le luxe de la faire imprimer; mais je n'ai pas besoin de dire que-c'étoit là une exception. Quelquefois aussi il se rencontroit un imprimeur galant homme qui faisoit à ses frais la publica-^ tion de l'œuvre dramatic^ue : ainsi ce brave Jean Martel, de Béziers, am imprima, en les dédiant <cà MM. les habitants de la ville», les treize farces, en vers gascons, jouées à Béziers le jour de l'Ascension, pendant les treize années qui avoient précédé 1028, époque de la publication.
Il se pourroit cj[ue la plupart des pièces contenues dans le recueil du British muséum, et publiées dans les trois premiers volumes de V Ancien Théâtre françois de la Bibliothèque elzevirienne, dussent d'avoir été imprimées à une circonstance
1. Voy. rexcellente introduction de M. Ch. d'Héricault, aux Œuvres de Gringore (BibWoth. elzevïr.), t. i, p. 17.