Voy. le catalogue ae sa Biblioth,, t. i,p. ia5,n
Gaultier Garguille. c
txxïv La Farce et la Chanson
«eniblable. Sur les soixante-quatre qui composant Ce recueil, il en est quinze que nous savon», d'après une indication certaine, avoir été imprîm es à Lyon, j gJJ42 à ï 548. Il est peu de villes iftâ poun(ieiS:;'irtTJSfme épx>qiiej nous en offrir autant en si peu d'années ; mais voici peut-être ce qui expliquera cette abondance : Les ouvriers imprimeurs , comme on sait , ont eu de «out temps une vive prédilection pour les jeux de théâtre; or, en plein XVIe siècle, c'est-àdire à l'époc[ue où furent imprimées ces farces, une co'hfrérie de joyeux drôles — eux-mêmes se donnaient ce nom -*- existoit à Lyon, et s'ébattoit à certains jours, sons le titre de Suppôts du seigneur de la Co^juine. Chaque année quelque farce nouvelle signaloit leurs ébattements , et , comme ils a voient l'imprimerie en main, ilis ne ttianquoient pas de donner de la publicité à ces Wies. C'est ainsi qu'en i j66 ils publièrent !e Recueil faict ait vray de la Chevauchée de Ï^Ane ; en f jSr, /i? Plaisant devis des Sapposis du seigneur de la Coquille y recité publiquement le deuxtèsme maj; en ! 589, le Plaisant devis en forme de coq à Pasne mitez par les Supposts da seigneur de la Coqinilti, etc., etc. En* tête du petit livret de PWsanti devis qu^ils firent paroître en 1 594, il est dît que l'intention des confrères étoit de renouveler cette année^là plus que jamais « leurs anciennes et de temps immémorial observées coustumes de donner quelque allégresse au peuple lyonfiois. . . » Il ne faut donc pas douter, diaprés cette ttention, que cinquante ans auparavant, c'esi^-àdire aussi bien en 1 542 qu'en 1 548, ils jouoient déjà des farces à certains jours. Pourquoi ceUes 4a British muséum ne seroient- elles pas du
AU Théâtre avant 1660. xxxv
nombre ? Il en est une entre autres, Sermon joyeux et de grande value ', monologue /^arci de latm, qui ne diffère pas beaucoup des plaisants devis que nous leur voyons réciter plus tard, et qui par son latin même devoit convenir à cette confrérie de protes et d'ouvriers instruits. Je ne serois pas surpris que ce plaisant soliloque, plus ou moins rajeuni de forme, se fût conservé jusqu'au XVIle siècle dans la mémoire du peuple de Lyon* MoHère, lors du séjour qu'il fit dans cette ville, a pu l'entendre réciter ; et il me semble en effet s'en être inspiré pour un autre monologue, celui de son Cocu imaginaire.
Ce qui me feroit volontiers penser que nous avons affaire dans ces farces aux suppôts de l'Imprimerie, c'est que d'abord ceux qui les jouent se donnent, comme l'étoient ceux-ci, pour de joyeux confrères , et non pas pour des bateleurs mercenaires. Messieurs delà Coquille nous disent, en 1 594, qu'ils veulent donner allégresse au peuple de Lyon; et nos farceurs de 1 542 nous ont dit mainte fois qu^ils n'ont, eux aussi, que des intentions de passe-temps ; ils s'amusent et cherchent à amuser ceux qui veulent bien les écouter :
Ce n'est pas par illusion Ce que.av<ynsfaict, ni par Uns; Ce n'est que pour passer le temps Et resjoayr la compagnie «.
AiDeiirs ?, et, bien que la farce cette fois ne porte pas mention de la ville où elle fut impri-