‹ Chansons de Gaultier Garguille [pseud]Chapitre 16 sur 137 · Ancien Théâtre, p · texte numérisé non relu

Ancien Théâtre, p

xxxvj La Farce et la Chanson

mée, ce sont encore eux certainement , ailleurs ils ont ainsi terminé leur, jeu :

Nous vous prions hault et bas.

Pardonnez aux gentilz enfants De cette ville, qui ces esbatz Ont voulu faire en passant temps.

Une autre particularité m'assure presque dans Popinion que les joyeux drôles qui viennent de nous parler se recrutoient dans la corporation des imprimeurs. Quand il se trouve à la fin de ces farces une mention du lieu d'impression, elle est toujours singulière, à mon avis : Imprimé nouvellement à Lyon y en la maison de feu Barnabe Chaussard. Quel est ce défunt ? Sans doute un imprimeur. Et d'où vient qu'après sa mort on imprime encore chez lui ? Ne seroit-ce pas que nos Confrères de la Coquille ont, avec l'argent de la compagnie , acheté de la succession du mort tout le matériel nécessaire pour imprimer leur répertoire, et gardé à cet effet un logement dans sa maison ? Plus tard ils s'imprimoient encore eux-mêmes, mais le chef le déclaroit hautement; On lit sur le livret dont je parfois tout à l'heure : A Lyon, par les trois supposts : ou bien Imprimé à Lyon par le seigneur de la Coquille; ou bien encore : A Lyon , par les supposts de l'Imprimerie.

Il est certain que les confréries joyeuses qui n'avoient pas, comme celle-ci, sous la main les ressources d'une impression faite en famille, se donnèrent rarement un pareil luxe de publication. Toutes avoient leur répertoire cependant, comme je vous l'ai dit; mais chez toutes il se gardoit en manuscrit, ou confié à la fidélité douteuse de la

AU Théâtre avant 1660. xxxvîj

mémoire. C'est ainsi que si peu de chose nous f en est parvenu. /

Avons nous rien des Connuyaux de Douai ? et, si ce n*est un récit manuscrit de la Cour amoureuse^ que nous est-il resté des Rois de l'Epinetteh Lille » ? Les suppôts du prince de l'Etrille 2, ceux de Vabbé de l'Escache, qui s'ébattoient aussi en quelque coin des Flandres 5, ne nous ont rien transmis, non plus que le Recteur des fous à Poligny 4. Au midi et dans le centre, la récolte des farces n'est guère plus abondante : rien des Princes des nouveaux mariés, ou VAbbat, qui tenoit ses assises à Castellane J ; rien de ces diableries « en geste et languaige poitevin » oue, selon Rabelais ^, Villon s'en alloit jouer aans fes foires du côté de, Saint-Maixent; enfin rien non plus de ces «nW velles comédies » <yi\ se jouoient à Montpellier du temps de Rabelais, et dont il nous parle aussi, comme y ayant pris part, avec quelques-uns de ses « anticques amis ». Le fragment qu'il nous cite de l'une de ces farces suffit pour nous les I faire regretter toutes, et Molière dut certaine- / ment les regretter comme nous, lui qui happa si I heureusement, pour se l'approprier, le seul mor- j ceau qui en ait survécu. Le voici, d'après maître I François ; vous y reconnoîtrez bien vite un des / plus amusants passages du Médecin malgré luii : / i

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