Acte 3, scène
xauLviij La Farce et la Chanson
<( Je ne vous avoys oncques puis veu qui»
jouastes à Montpellier avecque nos anticques amis... lamoralle comédie de celluyqui avoit espousé une femme mute. — J'y estois, dist Epi$t6mon. Le bon mary vouloit quelle parlast. Elle parla par l'art du médecin et du chirurgien, oui luy coupèrent ung encyliglotte qu'elle avoit souos lalangue; la parole recouverte, elle parla tant et tant que son mary retourna au médecin pour remède de la lui faire {aire. Remède unicaue estre surdité du mary contre cestuy interminable parlement de femme. Le paillard devint sourd,
[)ar je ne scay quel charme qu'ils feirent. Puis e médecin demandant son salaire, le mary respondit qu'il estoit vrayment sourd , et qu'iln'entendoit sa demande. Je ne ris oncques tant que }e ieis à ce paîelinage » . »
La célèbre confrérie de Vabbé des ConardSy de Rouen, devoit certes avoir aussi un répertoire de farces. Eh bien ! sans le précieux manuscrit La Vallière, nous n'en posséderions peutnêtre aucune. Dans le nombre de ces pièces, dont la plu- Siart sont rouennoises > , il en est une dont Ie& emiers vers ne permettent pas de douter que ks farceurs qui les jouoient étoient de la con* frérie que je viens de vous nommer. S'en trouvet-il d'autre ? Je ne sais ; il n'existe de preuves que
Sour celle dont je parle : La farce des Veaux^ à la n de laquelle le Badin dit à ses confrères :
Conars, ayés à subvenir
. I . Ceci rentre en effet encore dans ces imitations du Patelin dont nous parlions tout à l'heure.
2. M. A. de Montaiglon., qui va publier une nouvelle et sérieuse édition de ce recueil, en donnera des preuves évidentes. \
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AU Théatrç avant 1660, xxxîx
A l'abbé et ses Conardeaux; Payés la dUme.de vos veaux; Sy n'esta de payer dispos, Vous serez certes conJtra nos.
Par ce qui précède, nous avons voulu prouver que le nombre des farces imprimées est moins considérable qu'on ne serort tenté de le croire d'après ce que l'on sait de Pénorme quantité de» pièces de ce genre qui durent être jouées au moyen âge par toute la France. Dieu nous garde toutefois d'avoir voulu donner à entendre que le nombre des farces imprimées qui nous reste soît en rapport avec celui qui nous manque. Nous ne devinons que trop bien tout ce que nous avons perdu. En m.aint endroit, nous avons trouvé citées des pièces dont il n'est pas resté trace, Borel, dans son Trésor des recherches et antiqultn gauloises et françoises , fait mention de la Farce des fils sans père ^ et de Colin changé au moulin ; qu'est-elle devenue ? Louis Guyon, en ses Diverses leçons^ y parle aussi d'une autrefarce jouée en son temps. Il s'agjssoit d'un pauvre avocat hypocondre, dont le mal étoit de se croire défunt, et qui, à ce titre, refusant toute nourriture, seroît enfin réellement mort de faim, si un neveu de sa femme, qui feignit d'être trépassé, ne lui eût prouvé en mangeant auprès oe lui qu'on faisoit des repas de boçi vivant dans le royaume sombre. « Cette histoire, dit Louis Guyon, fut réduite en farce imprimée, laquelle fut jouée un soir devant le roi Cnarles neuvième, moy y estant. » Ma»
où se trouve maintenant cette farce imprimée?/ Rotrou semble s'en être inspiré pour sa tra^-^