I. Liv. 2,ch
xi La Farce et la Chanso»
1 comédie de l'Hypocondriaqut, et depuis lui, point I de nouvelles. Carmontelle l'imita dans un de ses '; plus jolis proverbes, la Dîetti ' ; mais il est pro- \ bable que, comme nous, il ne la connoissoit que \ par l'analyse qu'en a feite Louis Guyon.
Il existe des listes entières de farces imprimées dont pas une ne nous est parvenne. Ainsi dans la pièce du Vendeur de livres, du manuscrit La Vallîêre, le libraire, faisant son cry, c'est-à-dire son annonce, sur la scène, nous dénie tout un chapelet de ce genre, capable de faire mourir de regret un bibliophile ; de toutes celles qu'il nomme, aucune, sauf la dernière, ne semble avoir survécu *. Voici, dit-il,
La Farce Jenin aux sizeaux.
Puis encore :
J'ay la farce Des Femmes qui ont la langue arse Quand ils blasonnent leurs marys.
Et un peu plus loin :
Voaecy la farce Jehan Loyson
De ceulx qui ont le feu au cul
Veala la farce
La farce des Nouveaux Ponus, El te Depucelleur des nouriches.
AU Théâtre avant 1660. xlj
de Ménage, on connut un volume dans lequel dévoient se trouver des mystèresy des sotties, des farces, etc., et dont il est à peu près certain qu'il n'existe plus aujourd'hui un seul exemplaire. Le Duchat, et Dassoucy, qui en a aussi parlé, comme nous verrons, le désignent sous le titre de Re^ cueil des Pois pilez, ou simplement les Pois pilez; or, par ces mots on entendoit alors un mélange,! un salmigondis * : il devoit donc y avoir de tout^ dans ce recueil, de même que sur la scène dont ilcontenoit sans doute une partie du répertoire, et qui à son nom de théâtre de l'hôtel de Bourgogne substituoit souvent celui de théâtre des Pois piles «; on devoit se livrer à une grande diversité de jeux et de farces, de prologues facétieux, plaisans devis, et chansons, a On trouve, dit Le Duchat, de l'argot dans... le Recueil des Pois piles. » Ce qui semble indiquer qu'entre autres choses, comme je l'ai dit, il renfermoit des farces, et même aussi dés mystères, car l'argot manque rarement dans ces drames sacrés. Quant à ces dernières pièces, d'ailleurs, ce que cite Das* soucy de l'introuvable bouquin prouve de reste qu'il en contenoit : « C'étoit, ait-il, le Christ qui prenoit congé de saint Mathieu. » Et à la' suite il donne ce curieux dialogue, tout en assu* rant qu'il l'a tiré textuellement du volume ? :
1 . Le passage suivant d'une lettre de Malherbe à Peiresc (p. 24 du Recueil publié par Biaise) ne laisse aucun doute sur cette signification : « C'est assez , Monsieur, dit-il ; il faut finir mes fâcheux discours, qui sont plutôt pois pilés^ c'est-à-dire une purée, un salmigondis, qu'une lettre. »
2. Voy. Brantôme, Œuvres^ édit. au Panthéon, t. i, p. 3 $7; le Baron de Funeste, édit. Mérimée, p. 155, et le Parnasse satyriaue, p. 157.
). Aventures hurUsques deDassoucy, éd. Colombey, p. joS»
xlij La Farce et la Chanson