C. Etijuoydonc
M. Adieu donc,
Dassottcy, qui avoit la prétention de faire rire tout le monde par son burlesque, s'émerveilloit de ce qu'un pareil langage « prêté à des personnes célestes» eût pu jamais amuser quelqu'un ; mais ce qui l'étonnoit bien plus, c'étoit d'avoir vu vendre « vingt pistoles , à un encan , » le livre qui oontenoit ces inepties.
(Dans tout ce qu'il vient de dire, c'est ce fait oui me frappe le plus, et je me hâte d'en prenore note. Puisque vers 1650 un recueil de farces et de mystères atteignoit à lui seul dans une enchère le prix de deux cents livres, il felloh que les volume de ce genre fussent déjà bien rares, et je cesse par conséquent d'être surpris qu'il n'en existe plus. D'un autre côté, j'y trouve la preuve de l'aoandon dans lequel étoit peu à peu tombé cet ancien répertoire des farces et mystères. Possédera prix d'or un seul des exemfiaires qui eussent sumasé dans ce naufrage étoit déjà pour les bibliophiles un luxe, et le faire > réimprimer à petit nombre une manie. Le volume des œuvres de Coquillart cité tout à l'heure en note est, entre autres, un exemple de ces réimpressions d'amateur faites à la fin du XVIe siècle ^
I. Pour le détail de ce volume, où se trouvent Patelin et plusieurs autres farces, voyez le Catalogue SoleinnCy t. 1^ p. 1.39, 140.
AU Théâtre ayant 1660. xli}]
S'il nous falloit de nouvelles preuves de cette rareté des farces imprimées quand arriva le milieu du XVIIe siècle, rareté c^ui témoigne du discrédit dans lequel cet ancien répertoire étoit tombé chez le peuple, et .qui justifie Tempresse** mentdes amateurs à en recueillir les débris , ua passage de la comédie i^Alizon * me les fourniroit.
Tout à l'heure nous avons entendu le cri d'un marchand de livres de là fm du XVe siècle; il n'avoit que des farces, pour ainsi dire, à annoncer et à offrir. Ecoutons maintenant un colporteur du temps des derniers bouffons de l'hôtel de Bour^gne, et dans sa réclame faite à plein gosier nous ne trouverons pas un titre àt farces : rayy dit-il,
J'aytousjours quelque chose avecque quelque chose, fay des livres icy tant en rimes qu'en prose : Le Duel de deux gueux dedans le Préaux Clercs, J*ay les Noms des filoux, la Misère des clercs; J*ay les nouveaux édits, les nouvelles gazettes , ray la Commodité des bottes » et des garsettes, J^ay le remède aussy pour les pasles couleurs, J*ay PAmour des sergens, la pitié des voleurs-; J'ay tous les complimens de la langue françoise, La perte depuis peu d'une jeune bourgeoise Au quartier que chacun nomme des Gravilliers; yay le Contrat passé dedans Haubert-VilUers Entre Gillot Grand-îan et Gillette Ventrue; Vay le cruel combat d'un cinçe et d'une grue , ray grande quantité de bons livres nouveaux,; J*ay la Manière aussy comme on sèvre les veaux,