C'est la pièce donnée plus bas, p
2. Permission donnée aux servantes de coucher avec leur maître. Voy. les Variitis histor, et littèr,, t. 6, p. 29.
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Qui se moquent de nous asseurement.
Notte pain bis leur test pain de Gonesse, Qui fait chela y vayent asseurement Roiien en jouais et Paris en tristesse*.
J.-B. Behourt et Jean Oursel l'aîné font ce qu'a fait avant eux Abraham Cousturier : ils impriment et vendent à Rouen des farces qui ne trouvent plus à Paris ni imprimeurs ni acheteurs. A Lyon, Jean Marguerite et Pierre Rigaud font de même; et enfin à Troyes, de 1624 à 1628, Nicolas Oudot prête sa boutique et ses presses à quelques débris du pauvre vieux répertoire dont personne ne veut plus.
La renaissance et le goût de la littérature antique, mise par elle à la mode comme une nouveauté, furent pour beaucoup dans le discrédit oh la farce étoit tombée, surtout à Paris. Après le redoublement de succès que nos anciens jeux de théâtre avoient eu sous Louis XII, qui, sauf Pinsolence contre les dames, leur permettoittout, par égard pour la vérité et les bons conseils qui trouvoient là seulement à se faire jour^; après
1. La Muse normande, vingt-septième partie, 1651, p. 463, 464.
2. En France, dit Jehan Bouchet, en ses ÊpXtres fami" Itères y
En France, eUe a de Sottie U nom, Pour ce que sotz sont gens de ^rand renom.
Qui à Paris jouent les grans folies Sur eschaffaulx, en paroles polies.
Le roi Louis douziesme desiroit Qu'on les jouast devant luy, et disoît Que par tels jeux ilsavoit mainte faute Qu'on luy celoit par surprise trop haute.
Voy. aussi les Séries de G. Bouchet, 1635, in-8, deuxième partie, p. 18.
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que cette faveur se fui continuée sous François 1er, mais avec un mélange de rigueur de sa {)art, car, si un jour il payoit grassement Pontaaîs, le farceur », une autre fois, pour quelques mots trop hardis , il le faisoit mettre en prison , lui ou maître Cruche*, son compère, comme bouffon et bon facteur ? ; enfin , après une sorte de renaissance, signalée par h mise au jour d'une fouie de farces nouvelles et le rajeunisse^ment des anciennes 4 /mais qui fut bien éphémère toutefois, puisque celle qui devoit tuer la farce la suivit immédiatement, on vit le vieux genre décroître peu à peu sous le dédain et s'abîmer dans l'oubli.
D'abord elle perdit son nom pour prendre celui, plus antique et partant plus nouveau, de comédie J ; ensuite on se mit à trouver qu'elle êtoît dlnvention grossière et de forme triviale. N'étoit-ce pas pitié qu'unenatîon aussi polîeque la françoise prît plaisir à de tels amusemens? Mieux valoit cent fois les tragédies à la grecque et les comédies à la façon de Térence et de Plante.
Voilà ce qu'on disoit dans le camp de Ronsard , et ce qu'écrivirent bientôt du Bellay, Jean de la
1. Voy., ft oe sujet, une précieuse nots d«M, L. Lacour, dans les Nouvelles de Des Periers, édit. Jannet, t. 2, p. i )4*
2. Voy. nos Variétés histor^ et litiémres^ t- 7r P- "66- 167, note.
^ . Grognet le met aa nombre de ceux à qui il donne ce nom. (A. de Montaiglon, AneUnaes poésies, t. 7, p. 10.)
4. Les farces qui composent ks trou premiecs volumes de V Ancien Théâtre (Biblioth. elzev.) ne sont, par exemple, selon M. Ch. lA9gûn, que des copies,, ronaniées au xvi" siècle, de farces plus ancieBUes d'un siècle ou deux. {Journal des savants, mai 1858, p. 26;.)
5. "Ch. Magnin, Jdumaî dts savants, fuiflet i8j8, p*A^o; Ancien Théâtre y t. 2, p. 188. \
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Tailie et Jodelle : « Quant aux cûtnédîes et aux tragédies, lisons-nous dans la Défense et inlns- Tratiûfi de la langue françoise y ouvrage du pre* ttiier, si les roys et les républiiques les vouloiem restituer en leur ancienne dignité qu'ont usurpé les farses et les moralitez, je seray bien d'opinion que tu t'y employasses. » C'est au lecteur que du Bellay parie ain^, et encore y met-il une sorte de politesse pour le genre qu'il veut faire proscrire. Jean de la Taille n'a point tant d'égards; voici ce ^u'ii dit du haot de son mépris, en tête de sa pièce des Corrivaux, qui, à l'en croire, est une comédie : « Oui, une comédie, pour certain, s'écrie-t-il. Vous y verrez non point une farce, ni une moralité : nous ne nous amusons point en chxjse ni si basse , ni si sotte, et qTii ne montre qutine pure ignorance de nos vieux François. Vous v verrez jouer une comédie faite au patroTi, à la mode et au portrait des anciens Grecs et Latins; une comédie, dis-je,
3 ni vous agréera plus que toutes (je le dis hariment) les farses et moralitez qui furent cnc jouées en France. Aussi avons-nous grand désir de bamrir de ce royaulme telles badineries et ^ottrses , qui , comme amères épiceries , ne font que corrompre le goust de nostre langue. » :
Jodelle, qui, ses préférences littéraires étant même miseis à part, avoit bien quelque raisoiî de proscrire les mystères, moralités et farces, puisque les confrères qui exploitoient ce vieux, genre â l'ïiôtel de Bourgogne usoient de leur privilège pour empêcher la représentation oe ses pièces partout aîlleiïrs que dans les collèges et en province , ne se faisoit jamais fo«te de déblatérer contre tm répertoire si peu grec, et partant
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si grossier. Dans le prologue de VEagène^, par exemple, il n'a garae d'y manquer. C'est une comédie; mais, donne-t-il tout d'abord à entendre, il a eu soin de s'y écarter de la manière basse et sacrilège de ces bouffons. Elle a été composée, dit-il ,
Sans ^ue, brouillant avecques nos farceurs Le saint ruisseau de nos plus sainctes sœurs, On moralise un Conseil, un Escrit, Un Temps, un Tout, une Chair y un Esprit, Et tel fatras, dont maint et maint folastre Fait bien souvent l'honneur de son théâtre.
Il eut beau faire , les confrères de la Passion n'en furent pas moins solides dans leur monopole de l'hôtel de Bourgogne. En 1554, deux ans après que Jodelle eut fait jouer au collège de Rheims, devant le roi *, la pièce dont le prologue contenoit cette attaque contre eux, ils obtenoient des lettres-patentes qui maintenoient leur privilège, et que deux autres ordonnances de 1 5 J9 et i J67 dévoient ensuite confirmer. Ce n'est pas tout : en 1 584, une troupe de comédiens, après avoir joué dans les provinces le répertoire des tragiques de la Pléiade, s'étant hasardée à venir en donner des représentations à l'hôtel de Cluny, les confrères obtinrent un arrêt du parlement qui les obligea de trousser bagage au plus vite.
Ils avoient eu un grand succès ; mais le lieu choisi pour les représentations, au cœur même du quartier des Écoles, y avoit été pour quelque chose. Si l'on cherchoit, en efïet, pour ce réper-