‹ Chansons de Gaultier Garguille [pseud]Chapitre 22 sur 137 · Pasquîer, Recherches de la France, liv. 7, cb · texte numérisé non relu

Pasquîer, Recherches de la France, liv. 7, cb

AU Théâtre avant 1660. xlix

toire néo-grec des spectateurs en dehors du public classique , on n'en trouvoit encore que df'indifFérens; il falloit pour les réveiller un peu que, malgré ses dégoûts, le pédantesque impressario donnât à la suite de son œuvre quelque vieille farce fortement épicée. C'est ainsi que Grévin, qui, dans le prolo^e de sa comédie de la Trisorière, devoit aussi s'attaquer aux farces et aux farceurs, ne dédaigna pas cependant de laisser jouer, après la représentation de sa pièce les Esbahis, « les Jeux satyriques appelez communément les Veaux > » ; c'est ainsi que Jodelle luimême crut devoir mainte fois relever par une farce le divertissement sérieux de ses tragédies : Les Folatries de la chambrière à Janot récitées au bouc d'Estienne Jodelle en sont une preuve.

La nouvelle école, au reste, suivoit en plus d'un point la tradition du genre qu'elle avoit en si haut mépris. Comme les faiseurs de farces, ses auteurs empruntoient aux événemens de la vie quotidienne leurs sujets de pièces. Grévin avoue dans le prologue de ses Esbahis ^,

Comme une chose bien secrette, Que cette comédie estfaicte Sur le discours de quelqu'amour Qui s'est conduitte au carefour DiSaint-Sevrin ^

D'autres, dont il avoit parlé auparavant , avoient mis leur scène à la place Maubert ^ Pour des amis aussi fervents ae l'antiquité , c'étoit établir leur théâtre bien loin de la Grèce et de Rome.

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