‹ Chansons de Gaultier Garguille [pseud]Chapitre 4 sur 137 · I. Édit. p.- Paris, t. 3, p · texte numérisé non relu

I. Édit. p.- Paris, t. 3, p

AU Théâtre avant 1660. xîîj

demanda ce que c'est que l'amour : «Je ne sçay. » — C'est un Dieu qui a un flambeau, un bandeau, » un carquois. — J'entends : c'est un Dietfquia » une flesche que M. de l'Espy envoya l'autre » jour dans un caleçon de chamois à mademoi- » selle Beauchateau. » Qui fut confuse ? Notrerailieuse , qui, au lieu d'avoir embarrassé Jodelet, Pentendoit ainsi dire au public le secret de ses amours avec leur camarade l'Espy.

Souvent le spectateur en avoit aussi pour son compte, voici comment : Si quelque aventure désagréable vous étoit arrivée, de bons amis, comme il en est tant, alloient la conter aux comédiens afin qu'ils la missent en farce. Jour étoit pris, on vous amenoit au théâtre, et, bouche Déante, vous entendiez conter votre fait par messieurs de la comédie, aux grands éclats de rire du parterre et de vos bons amis, qui, vous serrant de près, vous clouoientà votre place, pour que vous ne tentiez pas de sortir avant que la chose fût finie et que vous eussiez avalé toute l'amère pillule.

Sorel, au livre II du Francioriy a conté une affaire de ce genre. Il s'agit de deux commissaires qui, tout commissaires qu'ils sont, se trouvent bel et bien rossés et puis après mis en farce : il est vrai que ce sont aes gentilshommes qui, après les avoir étrillés, ont livré leur aventure aux comédiens. Pour que la réjouissance soit complète, on feint une réconciliation, et, le jour convenu, on emmène à la comédie les deux pauvres diables, pour qu'ils s'y voient baffoués. « Le lendemain, dit Francion, à qui Sorel fait conter l'aventure, les gentilshommes passèrent dedans un carrosse par devant leur logis, bien assistez

xiv La. Farce et la Chansov

delaquâist, et lesfo£Gè!rent.tou3 deuxdes^y mettre aaassy,etpui8 iU me vinrent prendreavec Percette; et comme si y nous désirant accorder touS) ils eurent voiUu nous feire réjouit ensemble, il& sous menèneni à^l'hAtel de Bourgogne;. mais sçachez qpe ceS/droUes. avoient parlé auparavant aiuLCOr likdiienSretLeur avoient appds le combat des com-^ çûssaffeS), (|ui ait taut le sujet, de leur farce. Voyant qu'on se mocquoit ainsi, d'eux^ ils. Sft fUrOposècenl ô!'en avoic raison, et,,quoiqu'il&nous qyiltassent. sans t£3mpigner leur ouère, ils T,é$ù^ lacent de nous ruiner,, et firent la^ paix, ensemble

i^our se rendre plu&puissans contre nous, quaoil 'occasion se présenterait. Nous^ nfattendism/ss pas Qu'ils, en vinssent là,, et,, pour nous- mettra à, l'abry du> malbeui;, nous abmidonasmes* ce ajuartieri; où. nou& avions one bonne chalaon ise. »,'>i.

Je ne pense pas qjue la personnalité au théâtrve puîsse altex plus loin, que dan& cette avenUir^^ Aujourdfhui l'on s'y pcendroit autrement poun jouer pareil tour : on enverroit le récit de votca affaire, à. quelque petit jpumal, qui.I'inséreroit bian vite sfil. était bien scandaleux.^ après l'ftf* voir encore, épicé à. sai manière. (^elquesHoas des bons amis dont ]p parlois tant à l'heure, et dont l'espèce ne s'est ^perdue.,, auroit:SQiii de vous adresser te numéro', sous bande; en Ur aant, vous. vous> diriez,: a SiPon me; reconnoU« ^ l'on* me reconnokr^,. tout. le. monde, va. biea se moquen de moi aujpurd'hui» ;. mais au< moins ne; verÂezb^ous. pas rira,, ce qui rend,, à% tQU(

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