I. £îd.vttqi» histam £omiqaeidtFrmmon'/Raaiaak.yV6i
AU Théatrç avant 1660^ XV
prendre^ le procédé d^aiujpiu:d'hui ua peu moins cruel q.ue celui d'autrefois.
Cet usage: de; la satire quotidiiçnne au théâtre, dei ta cjbronique scandaleuse fprmulée.à Uscèue, $ie conserva plus^ longtemps que Ton ne seroit tSAté de le penser. Quand les farces jouées à rioipiroa^tu ewi^nt Ci^^ d'être à la mode, pour £ike place aux CQO»édies.ea un acte*' y l'avenr tuie Qu JQur pour laq^uelle oa auroit fait «tuparar vaut toute une sciène comique eut souvent encore,
Sac allusipn, sa petite mention moqueuse sur le lettre.. Une phrase, un mot,.suf&SQieiU9,etQare~ ment le public. les laiss«ik éc;ha{^er.
Les pièces en. prose 5e. prêtoient ^ cesr petites JAterpretations satiriques, et cela d'autant pbs OASÉment que.laforme, aju Ueu d'en eue tout d'à* XiQtà arxètéeet définitive ,.restoit longtemps, flot^ tante,, indécise,^ et coimme. malléable,. Oa en mo?* diftoitle plan à volonté.» l'on en raccourcissait ou étendpit le dialogue^ et> d« cet^. façon, ce qu'on vpi|loifL y ajouter de. piquant au jour le jour s'j ^S&oiX sans peine, av^. U ;£s^uUd de. pouvoir en Of^lparollire le lendemain. h^.Pr^Uus&n ridiculesi, qjû^Qjs furent dfabord qu'une /ar^ jouée en, province ^> subirent ce& mqdiâcations. de plan » 9illsi.qu!on peut. le. v.ok p^ le. curieux, compte-^ rojoiidu qu'en fit paroitre madame, de Villedieu aprôa bi prière représentation! de la piècef ^ Paris.. Q^U^ analyse, e;»cte le jour oti. elle, fut fake, ne Pest plus aujourd'hui : des scènes ont disparu, d'autres ont changé de placer Nul doute oue l^.disiiogue fut mis au même régime, ei qufil aiit
i^. Voy. les frères Parfeict, t. 3^ p^ 1^:5-1166»,
l, Mjsrcure dt France „m9i 1.740:, p, 8j.8..
). Variétés histor. et littér., t. 4, p. 29o,.a9^».%94»
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subir des changements bien plus nombreux encore et plus souvent renouvelés'. Aussitôt que quelque mot ridicule, quelque néologisme précieux se mettoit à courir les ruelles, soyez sûr que les comédiens l'arrètoient au passage, et qu'ils Tenchâssoient au plus vite dans le cadre commode de leur merveilleuse farce, afin de gagner par là quelques bons rires de plus. Cette souplesse des pièces en prose, cette facilité qu'on avoit de pouvoir les émailler chaque fois d'un esprit nouveau, ajoutoit sans doute par l'imprévu au charme de la représentation, mais elle empêchoit aussi qu'une comédie de forme si complaisante fût prise au sérieux, comme l'étoient les pièces pour lesquelles la forme inflexible du vers avoit été adoptée. Aussi, fût-elle en cinq actes et d'une grande portée morale, une comédie en prose ne marchoit jamais d'égal à égal avec une comédie en vers ; ce n'étoît toujours pour les délicats qu'une farce à grandes proportions : c'est pour cela, par exemple, que le Turcaret de Lesage, malgré ses cina actes, fut dans l'origine dédaigneusement qualifié du nom de petite pièce. Voltaire, dans sa jeunesse, fut encore à même de vérifier ce que je disois tout à l'heure au sujet des petites intercallations malicieuses, si faciles dans les comédies non rimées. Lui-même, avec l'aide des comédiens, s'en étoit permis une dont le souvenir l'égayoît encore sur ses vieux
I . La Grange lui-même se permît l'interpolation de tout un passage de son cru dans l*Avare. Voy. son édition des Œuvres de Molière, à la scène 5 de l*acte 3 de cette pièce. Il falloit que ce fût un usage bien établi , car personne n*avoit plus de respect que La Grange pour la mémoire et les œu^ vres de Molière.
AU Théâtre avant 1660. xvij
jours et lui faisoit conseillera La Harpe de tenter pareille épreuve pour s'amuser un peu et pour faire justice publique de certaine façon de parler prétentieuse dont ses nerfs de puriste s'étoient révoltés. Je m'étonne que la lettre, du 28 janvier 1772, où il donne ce curieux conseil à son «cher champion du bon goût », ait échappé aux historiens de Voltaire. Le passage est précieux, comme on va voir, et pour la biographie du grand homme, et pour l'histoire du théâtre.
« J'aime, écrit-il donc à La Harpe sous l'impression de la mauvaise phrase qui le tourmente, j'aime tout à fait un élan qui expire sous une combinaison; cela m'enchante. J'avois autrefois un père qui étoit grondeur comme M. Grichard. Un jour^ après avoir horriblement et très-mal à propos erondé son jardinier, et après l'avoir presaue battu , il lui dit : «Va-t'en , coquin ; je ))sounaiteque tu trouves un maître aussi patient »<}ue moi. » Je menai mon père au Grondeur] je priai l'acteur d'ajouter ces propres paroles à son rôle, et mon bonhomme de père se corrigea un peu. »
Faites-en autant aux Précieuses ridicules ; faites ajouter Vélan de combinaison, menez-y l'auteur, quel qu'il soit, et tâchez de le corriger!
Le oesoin d'actualité qui, chez les joueurs de farces, vivant du scandale au jour le jour, devoit être plus vif encore que chez les auteurs et les coméaiens de l'époque dont nous venons de parler ; le désir de ne manquer jamais l'à-propos d'une malice et l'occasion de taire rire, durent être pour quelque chose dans la transformation ue subit la farce, lorsque peu à peu elle passa es vers à la prose. La première forme, trop peu Gaultier GarguilU. b
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aec^sible à tous les caprices de l'esprit et à&hf m^hanceté. du moment, ne pouvoh en effet' lur cimvenir toujours; et cependant elle lui fat fidM(s^ pendant près de trois sièdcs, du xitî* jusque vers^ la fin du xvi*. Enfin le lieninfiexiblè'se relâcbw; les farceurs ambulams, qui promenoient de foins" en foire le répertoire bouffon, sfafirandHPent peu> à. peu. du joug de la rime et des' entraides àti» mesure; comme l'a fort \mn remaroué M. Mla^-
S in I, et comme il en » trouvé oes preuvesns plusieurs farces do recueil de Londres, dont letexte; complètement défigoré; ne permet pre»cpTC' plus d'y rien rèconnoître^. Le tableau s^elPfaça peu à peu, puis^ disparut tout à fait ; mais lecaare demeura, et diacun put le remplir àisa^ manière. €e qui étoit une farce complète, avec forme définitive^ ne resta plus qu'à Pétat de canevas; la scène ne' fut plus qu'un soenario> dont ctecun put disposercommeil lui plut. Chaque!suj«it resté libre appartint à l'espritdu premier OGOupanf . Sur ce dernier point la licence avoit toujours^ élégrande; les farceurs nes'étoient jamais f^^ scrupule de se voler entre eux. M. Magràn-a^ constaté-, dans les fstrces de V Ancien Théâtre de la' Bibliothèque' dzeviriemie des imitsitions fla^grantes du Patelin ', et nous poumons , sans; sortir du même recueil^, relever plus d'une ressemblance entre les pièces; qui s'y trouvent et celles du manuscrit La Vallière publié chez Te-