‹ Chansons de Gaultier Garguille [pseud]Chapitre 40 sur 137 · Le Disert des muses , Paris , s. d., in-12, p · texte numérisé non relu

Le Disert des muses , Paris , s. d., in-12, p

A« TirëATRC AVâMT 1660. IXXXSJ

cuisine, ie àé^spèareKt^ Il ne sânt à laquelle confier sa chère marmite, et cette bonne soupe aux cKoux q^ai devroit Itii faire <k si doux yeux. Tous ks huit jours il change de chambrière. Horreur! n'enavoit-il pas trouvé mte qui se ryeignoitau-^ dessMS du potage î Etonnez^vous aonc, après cela, s'écrie-t-il, s'il y a des cheveux dans ma soupe^ -^ Ah! Monsieur, lui dit Turlupin, à qui il coule sa peine, voumn'aureî point de tels soucis avec une servante que je connois et que jt vous engage à prendre de ma main... EHe se peig^ toujours à la cave ^ .

Turlupia n'étoit xm moins friand de sâofupe aux choux. Dans une tarce où il remplissoit le rôle du mari, et Gros^îufllaume celui de la fennne , il s'emportoit ie ne sais au juste pour qudte cause contre cette dondon dévergondëë. Wbn content d'avoh- joué comme il fem d'une trique redou»table, il avoit fini par brandir son sabre en criant :

« Il feut que je «e tutt,

» -^ Eh ! mon cher mari, dit alors là bonne âme, je vous en conjure pkr cette soupe aut chottit que je vous fis manger hier et qo^ vous troavÀtes si bonne ! »

AicesHiotate mad se mai, et, fadssamtomber son sabre :

« Ah ! la carogne, dit-il, elle m'a pris par mon foible ; la graisse m'en fige encore sur le coeur.»

Ces farces à soupe aux choux, dont certaine scène à potage du Dépit amoureux semblie conserver un arrière-fumet, avoient le don d'amuser

I. Kift. du thiûm françois, pttr les frères Pflrfàict, t. 4, p. 241, note.

Ixxxiv La Farce et la Chanson

alors les esprits les plus délicats. Il paroit même que Richelieu pensa mourir de rire à la représentation de celle dont je viens de vous faire en dernier lieu l'analyse, et que les trois bouffons étoient venus lui jouer, ainsi que la première , sur un théâtre dressé chez lui, « dans une alcôve » ».

Une plainte portée devant Son Erainence contre les trois bouffons étoit cause que .Richelieu avoit désiré les connoltre. Quels étoient les plaignants P Des rivaux jaloux, les comédiens de r hôtel de Bourgogne, dit l'auteur du mémoire que citent les frais Parfaict ^ ; mais , selon moi , ce dévoient être bien plutôt les confrères de la Passion, avec lesquels nos farceurs étoient depuis longtemps en querelle au sujet d'une redevance de trois livres tournois que ces privilégiés fainéans prétendoient pouvoir exiger d'eux par chaque représentation.

Ces sortes de révoltes , dont il nous faut dire un mot, avoient commencé au sujet d'un monopole qui s'étoit peu à peu confondu avec celui des confrères. Nicolas Joubert, sieur d'Engoulevent, cité déjà plus haut, se disoit, comme Prince des sotSy héritier des droits du chef des Enfans sans souci, dont Gringore avoit dit, dans le refrain du Cry de la joyeuse corporation, en 1 5 ii :

Le mardy gras jouera le prince aux Halles 5.

Il prétendait que, le grand jour du Carnaval

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