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AU Théâtre avant 1660. ixxxix
effet, elle étoit belle, si les comédiens n'eussent rien dit de sale ^ »
Le succès de la troupe Françoise, car les préférences de Louis XIII auroient suffi pour hii en faire avoir un immense dans le public, lors même aue celui-ci n'eût point partagé les royales sympatnies , fîit cause que les troupes italiennés ne faisoient jamais de bien lonçs séjours en France, et que des années se passoient même sans qu'il en vînt à l'hôtel de Bourgogne. On ne leur adressoit pas non plus toujours de bien beaux complimens de bienvenue. « L'Italie, dîsoit-on, comme certaine commère des Caquets de l'accouchée*, commenceà se purger de telles folies de jeux publics , qu'ils nous renvoient à Paris , pour nous rendre encore plus vicieux qu'eux.» Et là-dessus l'on regrettoit de ne plus voir observer les ordonnances de saint Louis, « qui de son temps avoit chassé toutes ces canailles hors de France. »
De ces bouffons d'Italie, parfois si mal venus à l'hôtel de Bourgogne, quelques-uns prenoient le parti dechercher fortune ailleursetdese mettre par exemple à la ^Ide des opérateurs du Pont-Neuf, comme nous avons déjà vu Andreini s'enrôler à Lyon aux eages de Braquette. Tel charlatan faisoit ainsi Douffonner sur ses tréteaux un Zanj, un Gratian, un Grisigoulin, un Buratin 3 ; telautre, Italien lui-même, ou du moins voulant le faire croire, «avoit, dit le sieur de Courval, quatre
1 . Lettres du Pire Coton à l'un de sa confrères sur Viiucation de Louis XIII, dans le Dict. histor, de M. de Bonnegarde, Lyon, 1771, in-8, t. 3, p. 122.