I. Le Disert des Muses, p
A^ Tkéatwe avant i66o. xcv
Les chansons de Gaultier sont dans on snitf^ styie et dans un antre esprit; mais la décence n'y gagne pas , au contraire. Le voile de la »iétapiiore ne s'y trouvant {4us, la cradité dii mot répond trop souvent à celle de l'image. Cependant, et c'est ce qui importe à l'histoire des mœurs, même aussi, pardon de ce grand mot, à l'histoire de l'espiît humain, toutes ces choses se débitoient , se chantoient en public. Il fiilloit qu^en ce temps^à on fûrt bien chaste de tout le reste du corps; on ne l'étoit guère* des oreilles.
Voici comment on prq^édoit dans tes spectth clés à salmigondis, bien dignes encore, pmr mille raisons, de leur ancien nom dt pois^piiès. D'abord, non contens de l'affiche à grandes phrases et pompeuses promesses ' qu'ils avoient rait placarder à tous les carrefours , les comé^ diens, comme jadis au temps de Pont-Alais*, envoyoient, tambour en tête, quelques-uns des leurs se promener dans les rues principales ; c'est ce qu'on appeloit faire la montre. Le plus souvent elle ne servoit de rien. « Voicy, dit Belle-Ombre, dans la Comédie des comédiens , de Scudéryî, vodcy nostre tambour et notre harlequin revc^ nus , et je pense , puisque je ne vois venir personne , que le bruit qu'ils ont fait par les rues n'aura pas été plus persuasif que les menteries de l'affiche 4. »
Que la salle f&t pleine ou non , à deux heures
I. Yoy. Théophile, Œuvrer, édit. ehevir., t. i, p. 268, et Françion, i66j, in-8, p. 592.
2» Œuvres de Des Pmers, éàiu L« Ijioonr, t. 2, p. 1^4.