QUI CHÉRISSENT LA SCÈNE FRANÇOISE
e froid humide du dernier voyage de Cornpiègne m'ayant enroué la gargameUe xotnme une ckarette mal graissée, je mé Isuis consolé en mon affliction, dinisi que font ces vieux bourguemaistres é Allemagne, qui, ne pouvansplus continuer la bonne chère accoustumée, à cause de l'indigestion de leur estomach, se contentent de faire trinquer et festiner leurs valets en leur présence, se servant en ces repas des yeux pour faire l'office de la bouche : de mesme, voyant qu'il ne m'estoit plus possible d'entonner l'air de mes agréables chansons, je me suis advisé de les faire imprimer, afin d'avoir le plaisir, ou de les ouyr chanter devant moypar d'autres, ou bien, les lisant, de les marmotter moy-mesmé en basse notte ; mais à présent qu'Apollon, en faveur des Muses, m'a faict recouvrer une bonne partie de l'original de ma voix, je vous en offre, en ce Recueil, la copie, pour vous divertir quelque fois durant ce procnain car--
4 Aux Curieux.
naval. Que si ce portrait ne vous satisfait entièrement, vous pourrez venir voir le personnage vivant, ou au Louvre ^,ouen nostre théâtre ordinaire. Cest,
Messieurs,
L'effectif Gaultier-Garguille,
Qui vous baise tout ce qui se peut baiser sans préjudice de l'odorat.
I . Quand Louis XIII le faisoit venir, ce qui arrivoit souvent (Malherbe, Lettre à Peiresc, p. 3 12). Il ne s'en tenoit même pas à ces comédiens; il en aamettoit d'autres à l'honneur de l'amuser : ainsi les Italiens, nouveaux venus alors, et dont parle encore Malherbe, p. 293; ainsi d'autres farceurs, Jehan du Magne, DouUin et Nicot, que nous ne connaîtrions pas sans une quittance qu'ils donnèrent pour une somme de 600 livres reçue du roi, le 10 décembre 161 4, «en considération de ce qu'ils ont joué plusieurs comédies à la prière de Sa Majesté, au Louvre.» [Catalogue d'une beUe coUection d'autographes dont la vente aura lieu le 3 décembre 1857, etc. Paris, Laverdet, in-8, p. 42, n® 278.)