XII POST-SCRIPTUM
autour de votre Table ronde : Ogier, Girberl de Metz, Faloré, et le gentil Aiol, digne frère du petit Aymerillot de Narbonne. Mais j'aime surtout vos preiises, comme les eussent nommées nos pères ; ces tant pitoyables et délicates silhouettes qu'on dirait découpées dans les enluminures d'un vélin de jadis : la vertueuse reine Berthe, la coupable Guinèvre, pardonnée d'avance par vos lectrices attendries. Dans ce dernier poème, l'honneur de jouter avec Tennyson vous a éperonné : vous y avez montré toutes les ressources de votre art. Ces grands vers plaintifs, vous les avez remplis d'une émotion communicative qui fait nôtre et proche le très ancien malheur de la pauvre Guinèvre. Comme le roi Artus, nous la quittons à regret, tant nous poignait le mélancoHque plaisir de nous condouloir avec elle.
Donnez-lui d'autres sœurs, cher Monsieur, puisque vous savez le beau secret de les faire pleurer ; et donnez-nous d'autres raisons de répéter le remerciement qu'on vous doit pour cette gerbe opulente, libéralement ajoutée à votre première moisson.