‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 100 sur 334 · Ports — défilés · texte numérisé non relu

Ports — défilés

Et pour Roland sont en moult grande peur.

Le roi fait prendre le comte Ganelon,

Le confia aus queus ! de sa maison;

Le maitre-queus il appèle, Bégon :

« Bien le me garde, dit-il, comme un félon, De ma famille qui a fait trahison. »

I le reçoit, y met cent compagnons ?

De la cuisine, des pires et des mieus.

Ils lui épilent la barbe et les moustaches, Chacun le frappe quatre coups de son poing, Bien le battirent à verges, à bâtons;

Puis ils lui mettent au cou un gros chaînon, Et ils l'enchaînent comme on ferait un ours.

Sur un sommier l'ont mis honteusement ; Ainsi le gardent pour le rendre à Charlon.

Hauts sont les puys et ténébreus et grands, Les vals profonds et courantes les eaus.

Sonnent clairons et derrière et devant,

Et tous répondent aus sons de l'olifant.

L'empereur Charles y chevauche en courrous, Et les Français soucieus et dolents.

N'y a celui ne pleure et se lamente,

1. Queus (cuisinier) n'est plus usité que dans l'expression « maïître-queus ».

2. C'est-à-dire : « Bégon prent Ganelon et met après lui cent compagnons. »

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